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mardi 4 août 2020
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Crépin Nguimbi, un pionnier de la téléphonie mobile et de la fibre optique au Congo

Il fait partie des pionniers de la téléphonie mobile, du numérique et de la fibre optique au Congo-Brazzaville. Au cours des vingt dernières années, tout en restant fidèle à la grande famille des télécommunications, Omer Crépin Nguimbi Nsihou, ingénieur télécom de formation, a su en maîtriser toutes les évolutions technologiques. Et loin de se limiter à la technique, il a ajouté à sa casquette d’ingénieur celle de manager et a su conjuguer mobilité verticale et mobilité horizontale. Après une longue expérience au sein des plus grandes compagnies de télécommunications africaines, il est aujourd’hui directeur général d’Infracom-Congo, une société spécialisée dans les infrastructures de télécommunications.

Ingénieur réseaux et telecom à Abidjan

En 2001, il est embauché comme ingénieur réseaux et telecom chez Afripa-Telecom Côte d’Ivoire, un fournisseur d’accès Internet et de transmission des données

Lycéen, Nguimbi voulait faire des études d’électronique. L’influence de papa qui travaillait alors à l’Office National des Postes et Télécommunications, l’ancêtre de Congo Telecom ? Sûrement. Après un Baccalauréat électronique obtenu à Brazzaville, il décroche un diplôme d’ingénieur télécom, option réseaux et télécom, en Côte d’Ivoire où il s’était rendu pour parfaire sa formation. Il y fera aussi ses premiers pas dans la vie active. « Je n’ai pas voulu entrer à l’École Normale supérieure de l’Enseignement Technique de Brazzaville car je ne voulais pas être enseignant », confie-t-il.

En 2001, il est embauché comme ingénieur réseaux et télécom chez Afripa-Telecom Côte d’Ivoire, un fournisseur d’accès Internet et de transmission des données, créé en 1994. De retour au Congo, Nguimbi devient ingénieur réseaux et télécom chez Afripa-Telecom Congo qu’il a contribué à installer au pays. Il y restera jusqu’en mars 2003.

Pionnier de la téléphonie mobile au Congo

En février 2006, il intègre le groupe de télécommunications Celtel, fondé par l’homme d’affaires d’origine soudanaise, Mo Ibrahim.

Nguimbi passe ensuite dans la téléphonie mobile, en intégrant Libertis Telecom, filiale du groupe Orascom, qui sera rachetée en 2005 par le groupe sud-africain MTN. Sa fonction ? Technicien « optimisation et qualité » du réseau GSM. « C’est de l’ingénierie de réseaux mobiles », indique-t-il. Le voyage n’est pas fini. En février 2006, il intègre le groupe de télécommunications Celtel, fondé par l’homme d’affaires d’origine soudanaise, Mo Ibrahim. D’abord chez Celtel-Gabon comme ingénieur optimisation et qualité du réseau GSM. « Chaque jour, on observait le fonctionnement des réseaux… Si la saturation était conjoncturelle, pas de problème. Si elle était continuelle, il fallait installer un nouveau site pour décongestionner le trafic et permettre aux gens de téléphoner tranquillement », explique l’ingénieur. De retour au Congo, Nguimbi assure, dans un premier temps, le poste d’ingénieur optimisation radio chez Celtel-Congo.

Ingénieur et manager

Parce qu’il s’intéresse au management, Nguimbi passe en 2008 un « Executif MBA » en administration des entreprises. « Les cours se faisaient en partenariat avec l’Université de Corse en France et la Haute École Léonard de Vinci de Brazzaville. Cette formation m’a permis d’acquérir des outils de management et de sortir de la technique qui était devenue une routine pour moi », souligne-t-il. En juillet 2011, il migre vers la direction marketing de Celtel-Congo, devenue Airtel-Congo, suite à la reprise, en 2010, du groupe par l’indien Barthi-Airtel. Il y occupe le poste de manager du pôle broadband solution. « Je jouais l’interface. Le but était d’accompagner le client, qui n’était ni un technicien ni du domaine, et de lui apporter une solution adaptée à ses besoins. Je devais également définir la stratégie de l’entreprise. C’était une fonction technico-commerciale dont je possédais les deux composantes », précise-t-il.

En juillet 2011, il migre vers la direction marketing de Celtel-Congo, devenue Airtel-Congo, suite à la reprise, en 2010, du groupe par l’indien Barthi-Airtel.

Il intègre ensuite la direction des ventes. Autre fonction, autres responsabilités. « Il fallait veiller sur les coûts, la qualité du service et du travail, jouer sur la performance, depuis l’étude de faisabilité jusqu’au produit fini ».

Son parcours chez Airtel-Congo s’achève en novembre 2014. Deux mois plus tard, il est embauché comme directeur général chez Imex Technologies, filiale d’Imex Group, sise à Pointe Noire, dont les activités sont tournées vers les nouvelles technologies de l’information. Il n’y restera que six mois car il crée Congo Engitecs, un cabinet conseil en télécommunication. En décembre 2016, le projet s’arrête « en raison des difficultés à trouver des marchés ». 

DG d’Infracom

« Tout ce que j’ai appris dans ces grandes sociétés, je peux le mettre au service d’une PME congolaise. Le Congo a besoin d’un tissu de PME pour créer de la valeur ajoutée et des emplois localement », assure Nguimbi.

En 2017, Nguimbi est repéré par Infracom, dont il a réalisé le logo. La société surfe entre le volet application (logiciel) et le volet infrastructures dont la fibre optique, son métier phare. Il y intervient d’abord comme directeur de développement business, puis comme directeur général. On pourrait s’étonner de le voir évoluer dans une PME, après avoir travaillé dans de grandes compagnies de télécommunication africaines. Un recul ? Nenni.  « Tout ce que j’ai appris dans ces grandes sociétés, je peux le mettre au service d’une PME congolaise. Le Congo a besoin d’un tissu de PME pour créer de la valeur ajoutée et des emplois localement », assure Nguimbi.

Dans le cadre du projet Central African Backbone (CAB)-composante Congo, cofinancé par le Congo et la Banque mondiale, Infracom est intervenue comme sous-traitant de l’équipementier chinois Huawei Technologies, adjudicataire du marché d’installation du réseau de fibre optique entre Pointe-Noire et Mbinda, ville frontière avec le Gabon. La société a participé aussi au projet de connexion au très haut débit avec du FTTx de Pointe Noire, mis en œuvre par GVA-Congo, filiale du Group Vivendi Africa. Nguimbi a collaboré à l’élaboration du volet « Économie numérique » du Plan national de développement 2018-2022.

Des partenariats gagnant-gagnant

A la tête d’Infracom, Nguimbi est l’un des membres signataires de la Convention qui a mis en place le Club Congo-France numérique le 15 avril 2019.

A la tête d’Infracom, Nguimbi est l’un des membres signataires de la Convention qui a mis en place le Club Congo-France numérique le 15 avril 2019. Un mois plus tard, lors de la première mission du club en France, sa société finalise un partenariat avec Folan-France, une entreprise spécialisée en équipements et solutions pour les infrastructures réseaux data et télécom. Chacun s’y retrouve. Infracom bénéficie des compétences, des équipements et du transfert de technologie que lui fournit Folan. Via Infracom, Folan, pour sa part, accède à de nouveaux marchés et profite de la connaissance du terrain de son partenaire qui le représentera au Congo et en RD Congo. Une économie de temps et d’argent.

Lors de la signature du Mémorandum de création du Club Congo-France numérique le 15 avril 2019 à la Primature en présence du Premier ministre congolais et de l’ambassadeur de France à Brazzaville. @DR

Établi en 2016 et consolidé en 2017/2018, le partenariat avec la société Tactis-France porte sur l’audit, le suivi, le contrôle, l’exploitation et la maintenance des grands réseaux de fibre optique existants au niveau de la sous-région. « Sur tous ces projets, il y aura transfert de compétences et complémentarité », explique le DG d’Infracom.

Un long apprentissage

C’est le résultat d’un long apprentissage, fait d’expériences professionnelles et de formations techniques mais aussi managériale, financière et en marketing

Après dix-neuf ans d’expériences, Nguimbi fait le bilan. « Nous sommes à l’origine du développement des télécommunications, de la téléphonie mobile et de la fibre optique au Congo. Cette compétence n’a pas été acquise en un jour. C’est le résultat d’un long apprentissage, fait d’expériences professionnelles et de formations techniques mais aussi managériale, financière et en marketing. Un un bon manager, c’est celui qui sait gérer des équipes et s’occuper de l’organisation sur tous les plans », conclut-il.  

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