Le Salon du livre africain de Paris, une plateforme incontournable pour les auteurs africains

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Le SLAP, 5è édition, 2026. Phot à gauche : vue du Salon. À droite, Érick Monjour, fondateur du SLAP.

Né à Madagascar, Erick Monjour a vécu très longtemps au Sénégal et en Mauritanie et a voyagé dans plusieurs pays d’Afrique. Son expérience en tant qu’organisateur du Salon du livre russe, créé en 2014, lui a permis de mettre en place le Salon du livre africain de Paris dont la première édition a eu lieu en 2021.

Erick Monjour s’est confié à Makanisi sur cette 5ème édition et les évolutions du Salon du livre africain de Paris, qui franchit, cette année, une nouvelle étape, en s’ouvrant plus largement à l’international.

Propos recueillis à Paris par Muriel Devey Malu-Malu

Makanisi : Vous avez dû modifier le lieu de tenue de la 5 édition du Salon du livre africain de Paris. Quelles conséquences cela-a-t-il eu sur son organisation ?

Erick Monjour. ©MDMM

Erick Monjour : La mairie de Paris nous a informés, un mois avant la tenue de l’évènement, que le lieu était réquisitionné pour héberger des sans-abris. On a dû trouver rapidement une autre salle, en l’occurrence, le Réfectoire des Cordeliers, qui est un lieu magnifique. Mais on a dû délocaliser les conférences dans un autre endroit. Cela a eu un impact sur le fonctionnement de l’ensemble du Salon, car, en un mois, on a dû réorganiser la communication, les espaces, les tables rondes. À cette édition, on a perdu 25 conférences sur les 40 prévues. Le Bénin, qui était l’invité d’honneur, a déclaré forfait.

Il y a eu également un impact budgétaire car il a fallu louer les salles au dernier moment, donc à des tarifs plus élevés. Tout cela a été un peu compliqué. Mais, dans l’ensemble, le salon a pu se tenir et s’organiser, ce qui est l’essentiel car on avait la responsabilité de 300 éditeurs et auteurs qui venaient spécialement d’Afrique. Il n’était donc pas question de reporter ou d’annuler le Salon. Aujourd’hui, c’est une satisfaction de constater qu’il a pu se tenir et accueillir un public nombreux.

Cette édition est placée sous le thème de la jeunesse africaine. Pourquoi ce choix ?

Le choix de la jeunesse africaine comme thème se justifie pour diverses raisons évidentes, D’abord en raison du poids des jeunes dans la pyramide des âges du continent africain. Par ailleurs, c’est une jeunesse dynamique, enthousiaste et ingénieuse. Elle ne manque ni de talent, ni de compétence, encore moins de détermination.

Combien de pays et d’éditeurs africains cette 5ème édition a-t-elle accueillis  ?

Cette 5ème édition a accueilli une vingtaine de pays africains, une cinquantaine d’éditeurs du continent dont 3 éditeurs camerounais et de nombreux auteurs venant d’Afrique, auxquels on a donné une place plus importante lors des tables rondes. D’une manière générale, ces pays ont été représentés par un grand nombre d’acteurs de la chaîne du livre. Par ailleurs, le salon attire désormais des éditeurs anglophones.

Lire aussi : La jeunesse africaine, au cœur du Salon du livre africain de Paris 2026. https://www.makanisi.org/la-jeunesse-africaine-au-coeur-du-salon-du-livre-africain-de-paris-2026/

Quel bilan pouvez-vous faire depuis la 1ère édition du Salon qui a eu lieu en 2021 ?

C’est une continuité. Le public est fidélisé, il sait qu’il va trouver ce qu’il cherche et ce qui correspond à la littérature jeunesse. C’est un salon qui s’internationalise, avec, cette année, un nombre plus important d’éditeurs venant non seulement d’Afrique, mais également de Grande-Bretagne et des États-Unis. On est dans une phase d’internationalisation hors d’Afrique mais aussi intra-africaine, avec la présence de pays africains qui ne sont pas francophones. Le salon a pris de l’ampleur, jusqu’à devenir une plateforme incontournable pour les auteurs africains, qui veulent avoir davantage de visibilité sur la scène internationale.

En matière de roman, de nouveaux thèmes sont-ils apparus ou les sujets restent-ils à peu près les mêmes d’une édition à l’autre ?

Cette année, le thème du salon était « la jeunesse africaine ». Certaines tables rondes ont ainsi débattu sur ce sujet. S’agissant du genre littéraire qu’est le roman, je dois souligner que chaque roman est individuel. C’est un travail d’auteur. Il n’y a pas de thème particulier et nouveau qui est particulièrement mis en avant d’une édition à l’autre.

Qui a remporté le Grand Prix Afrique cette année ?

Le Grand Prix Afrique 2025 a été remis, le 21 mars, à In Koli Jean Bofane, un auteur de grande qualité, originaire de la RDCongo. Le Grand Prix Afrique, anciennement Grand prix littéraire d’Afrique noire, qui est décerné par l’Association des Écrivains de Langue Française, est le plus ancien prix sur la littérature africaine remis en France. Il a plus de 60 ans. Il a honoré les plus grands auteurs africains, qu’ils soient classiques ou contemporains.