La jeunesse africaine, au cœur du Salon du livre africain de Paris 2026

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Images du SLAP 2026. ©MDMM. Montage Makanisi

Une forte affluence, comme en ont témoigné, à la mi-journée, les longues files d’attente des visiteurs devant l’entrée principale du lieu de l’évènement, un public varié, à dominante africaine, la présence de nombreux jeunes Africains, pressés de découvrir les BD, les jeux, les albums et tous les autres livres qui leur sont particulièrement dédiés, une foule d’auteurs et d’éditeurs, des tables rondes thématiques, des séances de dédicaces… La 5ème édition du Salon du livre africain de Paris (SLAP), un salon organisé par Erick Monjour, a été un franc succès.

Au cœur du Quartier latin à Paris

Si le changement de lieu, à un mois de l’ouverture du Salon du livre africain de Paris, suite à une décision de la mairie de Paris, a quelque peu contrarié l’organisation de l’évènement, il n’a toutefois pas porté atteinte au succès de ce salon consacré aux littératures africaines et afro-descendantes. En lieu et place du site des Blancs Manteaux, qui a été réquisitionné pour héberger des personnes sans abri dans le cadre du Plan Grand Froid, c’est finalement, en plein cœur du Quartier Latin de Paris, dans les locaux du Réfectoire des Cordeliers,  que s’est tenue, les 21 et 22 mars 2026, sa 5è édition, et, à l’Hôtel de l’Industrie, situé à proximité, qu’ont été organisées les tables rondes. La journée professionnelle, pour sa part, s’est déroulée le 20 mars au Centre National du Livre (CNL). Au final, l’évènement s’est tenu dans trois édifices emblématiques de l’histoire de France et de Paris.

Au final, l’évènement s’est tenu dans trois édifices emblématiques de l’histoire de France et de Paris

Une vingtaine de pays africains 

Le Salon a accueilli une vingtaine de pays africains. Le programme de l’édition 2026 avait prévu de placer le Bénin et l’Angola au cœur de la scène littéraire africaine et internationale : le Bénin, francophone, en tant qu’invité d’honneur et l’Angola, pays lusophone, comme invité spécial. Un double choix qui montrait l’ouverture du salon à toutes les langues parlées sur le continent. Mais, en raison des changements de lieu, le Bénin et l’Angola ont dû annuler leur participation au Salon.

Une vaste palette d’éditeurs

Poésie, romans, essais, livres d’histoire, ouvrages scientifiques, bandes dessinées, livres pour enfants, beaux livres, guides touristiques… Tous les genres littéraires étaient représentés. Le Salon a accueilli une centaine d’éditeurs, selon ses organisateurs. Parmi eux, figuraient, bien évidemment, les « grands » comme Karthala, l’Harmattan, Présence africaine, les Éditions Jaguar ou Gallimard (Encres noires). Mais une vaste palette d’éditeurs africains était également présente, dont Nzoi (RDC), les Lettres mouchetées et la Renaissance Africaine (Congo-B), Elyzad, Saaraba Éditions (Sénégal), Malika Éditions, que dirige Malika Slaoui (Bénin), et bien d’autres encore. Signalons aussi la présence d’éditeurs venant des États-Unis, du Canada et de Belgique, de plateformes numériques et de media en ligne, comme Zoa, « le media 100% numérique pensé pour les jeunes Africains francophones » (Sénégal).

Une vaste palette d’éditeurs africains était présente, dont Nzoi (RDC), les Lettres mouchetées et la Renaissance Africaine (Congo-B), Elyzad, Saaraba Éditions (Sénégal), Malika Éditions, que dirige Malika Slaoui (Bénin), et bien d’autres.

Tables rondes et dédicaces

Bien que moins nombreuses que prévues, en raison du changement de lieu de l’édition, une quinzaine de tables rondes portant sur des thématiques variées, allant de l’histoire et la littérature à l’économie, la politique, l’écologie, les sciences et la philosophie, etc., ont été organisées durant le Salon, avec un accent particulier mis sur la jeunesse africaine, qui était le thème central de l’édition.

Selon les organisateurs, quelque 400 auteurs étaient présents ou représentés, dont les grandes plumes africaines et afro-descendantes. Parmi elles, citons, entre autres, Marguerite Abouet (Aya de Yopougon chez Gallimard), Véronique Tadjo (Côte d’Ivoire), In Koli Jean Bofane, romancier originaire de la RDCongo, qui a reçu plusieurs prix dont le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 2009, Yamen Manaï, Fawzia Zouari, Gaëlle Bélem (Sud sauvage, Gallimard), Fidèle Goulyzia (Grand Prix National Bernard Dadié  de la littérature 2025,  pour son roman Malo-Wossou), Eric Mukendi, Jean Aimé Dibakana, lauréat du Grand Prix Afrique 2023 pour son roman « Le psychanalyste de Brazzaville », publié aux Lettres mouchetées… Et tous les autres…

Selon les organisateurs, quelque 400 auteurs étaient présents ou représentés, dont les grandes plumes africaines et afro-descendantes.

Distinctions littéraires

Comme de coutume, deux distinctions littéraires ont été remises. Le Grand Prix Afrique a été décerné, le 21 mars, à In Koli Jean Bofane, pour son roman « Nation cannibale » (Éditions Denoël), au terme d’une sélection finale réunissant sept oeuvres.

Le Grand Prix Afrique a été décerné, le 21 mars, à In Koli Jean Bofane, pour son roman « Nation cannibale »

Le Prix du Beau Livre Africain, créé en 2023 par la Maison d’Afrique, qui récompense les beaux livres traitant de l’Afrique, a été remis, le 22 mars, à Malika Éditions, pour le livre « Cotonou, nid d’artistes », dont les textes sont de Florent Couao-Zotti dont le roman « Les libellules pleurent aussi la nuit », a été publié en mars 2026, par Les Lettres mouchetées, et les photographies de Ricky Lavern Martin.

Place à la jeunesse africaine

Le choix du thème « Jeunesse africaine »,  sous lequel était placé ce 5è rendez-vous, n’était pas un hasard. Environ 65% de la population africaine a moins de 25 ans. Cette jeunesse africaine vit les mêmes choses que celles d’autres continents. Car, si l’Afrique a des défis, comme partout ailleurs, elle peut aussi se prévaloir, comme partout ailleurs, de choses positives, dont certaines réalisées par de jeunes Africains talentueux. « Il y a trop de récits négatifs sur l’Afrique. La jeunesse africaine n’est pas plus malheureuse qu’ailleurs. Beaucoup de jeunes Africains font preuve de créativité et d’innovation et trouvent des solutions », confiait, sur France 24, Léonce Houngbadji, fondateur de « La semaine de l’Afrique des Solutions ».

Si l’Afrique a des défis, comme partout ailleurs, elle peut aussi se prévaloir, comme partout ailleurs, de choses positives, dont certaines réalisées par de jeunes Africains talentueux.

L’ensemble de la littérature consacrée à ce continent et à sa jeunesse, incluant la diaspora, est là pour le prouver. Soulignant le rôle essentiel des récits et du livre dans la transmission de l’héritage africain, elle raconte, aux petits et aux grands, l’Afrique autrement. Elle leur fait découvrir l’histoire du continent et de ses traditions et cherche à inspirer et à valoriser tout ce que ce continent fait de mieux.