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mardi 4 août 2020
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Congo. Transit Express, un succès qui ne fait pas de bruit

Lentement mais sûrement, Transit Express poursuit son expansion, loin des caméras de télévision. L’aventure dure depuis plus de 25 ans, malgré les soubresauts de l’économie nationale.

Solidement implantée à Pointe-Noire, mais aussi à Brazzaville et à Dolisie, cette société s’est spécialisée dans une gamme variée de métiers : transit, transport, acconage, entreposage, dédouanement, logistique…

Créé en septembre 1993

Louis-Bertrand Tchionvo Bouiti a créé Transit Express en septembre 1993, après avoir occupé un poste de directeur à la Société congolaise de transit (Socotra). Economiste formé à l’université de Poitiers, en France, il a fait ses premières armes dans le transit au sein de cette entreprise publique où il a passé une dizaine d’années. « J’ai eu l’idée de me mettre à mon compte, fort de l’expérience que j’avais acquise à la Socotra en matière de transit », explique Tchionvo Bouiti.

Plus d’un quart de siècle plus tard, l’entreprise a l’air bien solide sur ses deux pieds. Le gros du personnel (près de 150 salariés au total) se trouve dans son fief de Pointe- Noire. Une vingtaine d’autres employés sont répartis entre Brazzaville et Dolisie. Transit Express joue la carte de la jeunesse (l’âge moyen du personnel est de 30 ans) – ce qui explique en partie sa vitalité et ses résultats florissants. La société dispose, en outre, d’antennes dans quelques villes secondaires : Nkayi, Sibiti, Ouesso et Kelle. Transit Express, communément appelée Tex, s’appuie notamment sur un bon réseau de communication et un logiciel de traitement de dossiers performant.

Des clients bien connus

Parmi ses clients figurent des marques bien connues telles que Perenco, Total, Eni (pétrole) ; Afriwood, Taman, Sicofor (bois) ; Airtel, MTN (téléphonie) ; Tractafric, CMP (commerce général), etc. En général, les entrepreneurs qui se sont attaché les services de Transit Express un jour, sont satisfaits. La preuve ? La plupart d’entre eux sont tentés de revenir. Tout est mis en œuvre pour que le client en ait pour son argent et que les prestations proposées correspondent à ses attentes.

La société investit du temps et de l’argent dans l’amélioration des capacités de son personnel. Dans cette optique, des accords ont été passés avec des cabinets spécialisés pour mener à bien des cycles de formation bénéfiques tant aux clients qu’aux employés de Transit Express.

Un environnement des affaires difficile

Pourtant, elle opère dans un environnement difficile. Les réformes engagées par les autorités congolaises pour assainir l’environnement des affaires n’ont pas produit les résultats escomptés. Pour l’essentiel, les mauvaises pratiques qui affectent l’image du pays tant décriées n’ont pas été éliminées.

Le constat est amer : la lutte contre la corruption n’a pas encore porté tous ses fruits. Il reste encore un long chemin à parcourir pour éradiquer ce fléau qui touche, de manière visible ou sournoise, plusieurs secteurs d’activité.

Des chefs d’entreprise peuvent être harcelés en toute impunité par des agents de l’administration fiscale, au mépris des règles qui ont été clairement définies. Sur le papier tout au moins. Il faut avoir des reins solides et une foi d’acier pour tenir dans l’univers entrepreneurial congolais.

Une économie vulnérable

Visiblement, Brazzaville tarde à muscler sa réponse face à la corruption, malgré les recommandations des institutions comme le Fonds monétaire international qui a conclu, en mai 2019, un accord avec le Congo, en vertu duquel le pays bénéficiera d’appuis budgétaires, après avoir traversé une période difficile, entre 2014 et 2019, liée à la chute des cours du pétrole. L’économie congolaise, tributaire des exportations de l’or noir, est vulnérable et en proie à des convulsions en cas de graves perturbations sur les marchés internationaux.

Plusieurs entreprises opérant sur le site portuaire ou dans la sous-traitance pétrolière ont souffert de cette période des vaches maigres qui ont conduit à des vagues de licenciements, en attendant des lendemains enchanteurs. Le pays n’est pas encore sorti de l’ornière, même si quelques signes d’embellie se font jour.

Transit Express, quoique touchée aussi par cette situation, a su naviguer par mauvais temps, sans pour autant dégraisser ses effectifs. Passée, la violente crise qui faisait de la capitale économique du Congo une ville où, en raison du ralentissement de l’activité économique, plusieurs chantiers de construction étaient à l’arrêt.

Projet agro-pastoral

Louis-Bertrand Tchionvo Bouiti (66 ans), qui a, pour sa part, assuré la relève, envisage de prendre sa retraite dans quatre ans et prépare d’ores et déjà sa reconversion. « Je me suis lancé dans un projet agro-pastoral qui n’a rien à voir avec Transit Express. Je prépare mes vieux jours. J’ai une ferme à Madingou Kayes où je fais de l’élevage bovin. J’ai un cheptel de plus de 200 têtes », rconfie-t-il, avec le sentiment d’avoir accompli sa mission à Transit Express.

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