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lundi 28 septembre 2020
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RDC. Mulykap, leader du transport routier au Katanga

La belle aventure de Mulykap, une société de transport en commun de voyageurs, a commencé en 2008. Et se poursuit, à la grande satisfaction des usagers, au-delà des espérances initiales.

Au début, il s’agissait, pour la société Mulykap, de fournir un service de transport en commun de qualité, avec un minimum de confort et des standards de sécurité élevés, entre les principales villes de l’ex-province du Katanga : Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, etc. Pari réussi.  Une dizaine d’années plus tard, Mulykap est devenue une marque qui suscite respect et considération. Elle s’est imposée et a imposé ses normes dans un milieu peu habitué à voir les bus partir à l’heure, sans être excessivement surchargés, avec, à leur bord, des passagers qui ne se sentent pas à l‘étroit. Ces passagers étaient autrefois mélangés avec de la marchandise destinée à être écoulée au fur et à mesure, en cours de route, dans une multitude de villages et de bourgades qui s’offrent au regard du voyageur entre Lubumbashi et Kolwezi.

« Dans le secteur du transport des personnes, nous sommes aujourd’hui les plus grands opérateurs de l’ex-Katanga et, par extrapolation, du pays. Nous possédons un parc de plus de 120 autocars que, du reste, nous comptons enrichir dans les prochaines semaines », explique Patrick Muland, le directeur général de Mulykap, un économiste diplômé de l’université de Lubumbashi qui s’est mis à son propre compte à 26 ans, après une année passée à la direction générale des impôts.

« Dans le secteur du transport des personnes, nous sommes aujourd’hui les plus grands opérateurs de l’ex-Katanga et, par extrapolation, du pays.« 

Secrets du succès : GPS et vitesse contrôlée

Qui aurait cru que Mulykap, qui avait démarré avec… trois véhicules d’occasion, deviendrait un jour la référence en termes de ponctualité, de sérieux et d’organisation ? « Notre force réside notamment dans le fait que nous sommes les seuls transporteurs du Grand Katanga à avoir des cars dotés d’un système de ‘’tracking’’ par GPS. Nous pouvons, à tout moment, les localiser, savoir où ils se trouvent et à quelle vitesse ils roulent », souligne Patrick Muland.

Le sens de l’organisation, conjugué avec une technologie de pointe, a produit des résultats qui parlent d’eux mêmes : Mulykap n’a jamais connu un accident mortel. Ses chauffeurs sont soumis à des tests d’alcoolémie et à une discipline stricte dans la conduite de leurs engins, pour ne pas mettre en danger la vie des passagers. Les autocars sont de trois marques : Mitsubishi (japonaise), Hyundai (sud-coréenne) et Sunlong (chinoise).

La société transporte, en période creuse, en moyenne 3000 personnes par jour, toutes destinations confondues. Elle revendique près de 60 % de parts de marché. Une dizaine d’autres transporteurs se partagent le reste : Classic, Vejor, Trans Kat, Efie Trans, Ratco, KKS, etc. Patrick Muland assume sans complexe son statut de leader dans le transport interurbain du Katanga et de ses implications : « Nous sommes légèrement plus chers que nos concurrents. Nous assumons cela, car la qualité a un prix. » Le prix du billet varie, selon les distances, entre 7 000 francs congolais (près de 4,5 dollars) et 25 000 francs congolais. Les passagers peuvent payer en dollar, une monnaie couramment utilisée dans les transactions quotidiennes en RD Congo. Des distributeurs y sont programmés pour cracher des billets verts à la demande.

Bien que leader dans son secteur, Patrick Muland est favorable à la concurrence : « Nous ne couvrons pas tous les besoins de la province qui sont énormes. D’autres acteurs peuvent venir quand ils veulent. L’ex-Katanga est plus grand que l’Allemagne en termes de superficie. Il y a de la place pour tout le monde, compte tenu de l’immensité du territoire katangais et de ce pays qui est le plus grand d’Afrique subsaharienne.»

Des projets de modernisation

Malgré son succès, l’homme qui a donné les initiales de son nom et de celui de sa femme à Mulykap, ne s’endort pas sur ses lauriers. Il caresse de grands rêves pour l’ex-province en particulier et le pays en général. Dans ses tiroirs, sont rangés plusieurs projets. L’ouverture de la ligne Lubumbashi – Kasumbalesa, à la frontière avec la Zambie, est dans les tuyaux. Les deux villes seront reliées dans les prochaines semaines. Mais pour y arriver, la société s’attelle à améliorer ses infrastructures d’accueil, à moderniser ses gares routières (ou à en construire) et à se doter d’installations de nouvelle génération. Il est également question que le point d’arrivée à Lubumbashi, situé au cœur de la ville, soit déplacé vers la route de Likasi, à quelques encablures de l’aéroport international de la Luano. Une surface d’un hectare et demi a été acquise. Sur ce site, Mulykap bâtira, selon les propres termes de son patron, un terminal « futuriste, qui ne dépayse pas ».  

« Le financement de ces travaux requiert des capitaux que nous pouvons facilement trouver dans le système bancaire congolais. Nos investissements à long terme, qui sont un peu plus lourds, nécessitent, en revanche, que nous nous mettions en rapport avec des banques d’investissement. La RDC n’en comptant pas beaucoup, notre regard doit forcément se tourner vers des institutions établies à l’étranger », indique le jeune entrepreneur.

Importation et distribution de produits pétroliers

Si le grand public apprécie le label Mulykap, sait-il que la société, qui emploie au total 450 personnes, importe et distribue des produits pétroliers ? « Nous sommes l’un des grands distributeurs de produits pétroliers du Katanga, avec un chiffre d’affaires de plus de 40 millions de dollars. C’est en fait notre activité première », explique Muland. Les solides profits tirés de cette activité, débutée il y a une vingtaine d’années, permettent au groupe d’étudier de nouvelles possibilités d’investissements pour poursuivre son expansion dans la province. Dans la « branche pétrole », l’homme d’affaires, actionnaire majoritaire de la société, travaille depuis le départ avec des partenaires sud-africains.  Reste qu’aux yeux du Katangais lambda, Mulykap est avant tout une société de transport de personnes solidement installée dans le paysage et réputée pour son sérieux. Ce professionnalisme fait dire à certains que Patrick Muland « ne gère pas sa société comme d’autres Congolais ».

« Nous sommes l’un des grands distributeurs de produits pétroliers du Katanga, avec un chiffre d’affaires de plus de 40 millions de dollars. C’est en fait notre activité première »  

De la théorie à la pratique

Le natif de Likasi, une ville qu’il a quittée tôt, à l’âge de 2 ans, pour aller vivre, au gré des mutations d’un père fonctionnaire, à Lubumbashi, à Bukavu, puis à Kinshasa, mesure le parcours réalisé depuis l’achèvement de ses études.  En se lançant dans le « business », il a pu confronter les théories accumulées à la faculté aux dures réalités de la vie professionnelle, dans un environnement réputé rude, où les cruels désenchantements sont monnaie courante. Il a voulu examiner, sous toutes les coutures, la théorie de la rareté – enseignée en sciences économiques – et en tirer profit. Bingo ! Plusieurs années plus tard, Patrick Muland continue à écrire de nouveaux chapitres d’une belle histoire de succès entrepreneurial et suscite des vocations.      

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