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samedi 5 décembre 2020
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Lutte contre le Covid-19… et si la solution venait de la RD Congo ?

Une équipe de chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université de Lubumbashi (Unilu- RD Congo) a présenté récemment un protocole qui pourrait permettre de maitriser le Covid-19. Ce protocole est un combiné des Interférons de type Alpha et Beta avec, entre autres, de la chloroquine et des antioxydants.

Le professeur Michel Balaka-Ekwalanga, immunologiste et virologue, est membre de l’équipe de recherche de l’Unilu qui comprend également les professeurs Philomène Lungu Anzwal, biologiste, et Gilbert Kishiba Fitula, recteur de l’Unilu. Il a accepté de répondre aux questions de Makanisi sur la maladie et le protocole mis au point par l’équipe de l’Unilu.

Propos recueillis par Muriel Devey Malu-Malu

Professeur Balaka-Ekwalanga, pouvez-vous préciser ce qu’est le Codiv-19 ?

Gilbert Kishiba Fitula, recteur de l’Unilu.

Pr. Michel Balaka-Ekwalanga : Le Covid-19 [pour COronaVIrusDisease, disease signifiant maladie en anglais, NDLR] est le nom de la maladie infectieuse respiratoire apparue en décembre 2019 en Chine. L’agent causal du Covid-19 est un nouveau coronavirus, appelé 2019-nCoV, puis SARS-CoV2. Ce dernier est différent du virus SARS-CoV, responsable de l’épidémie de SRAS en 2003. Pour exemple, le Sida est une maladie provoquée par le VIH-Sida.

Ce protocole est composé de trois molécules : les interférons, la chloroquine et des antioxydants. Mises ensemble, elles sont plus efficaces qu’utilisées séparément.

L’équipe de chercheurs de la faculté de Médecine de l’Unilu a mis au point un protocole qui pourrait maîtriser cette maladie. De quoi s’agit-il ?

Pr. MBE : Ce protocole est composé de trois molécules, les interférons (IFN), la chloroquine et des antioxydants. Mises ensemble, ces trois molécules sont plus efficaces qu’utilisées séparément. Les Cubains, qui fabriquent des interférons peu chers, en ont vendu pour 310 millions de dollars aux Chinois pour contenir l’épidémie et maintenir l’immunité. L’originalité du protocole de l’Unilu est d’avoir mis en place l’utilisation combinée des interférons de types 1 et 2 (alpha et bêta) renforcés par la  chloroquine et les antioxydants. Pour protéger les personnes saines, la thérapie pré-expositionnelle consiste à utiliser les interférons alpha et bêta, en y ajoutant la chloroquine et les antioxydants. Pour celles qui sont testées positives, on utilise les interférons alpha et gamma, plus la chloroquine et les antioxydants.

Pouvez-vous définir ce que sont les interférons ?

Pr. MBE : Les interférons (IFN) sont des protéines fabriquées naturellement par les cellules de notre corps pour nous défendre quand on est attaqué par un virus quel qu’il soit.  Ce sont des molécules qui stimulent le système immunitaire et réagissent contre le virus. Ils ont une activité antivirale. Pour renforcer le système immunitaire et aider l’organisme à se défendre, on apporte des interférons extérieurs. Ils sont fabriqués en laboratoire et vendus en pharmacie. Ils sont couramment utilisés pour diverses maladies virales. En France, on a trouvé un traitement contre l’hépatite. Mais autrefois, on utilisait des interférons pour lutter contre cette maladie.

À quoi sert la chloroquine ?

Pr. MBE : La chloroquine a été utilisée pour lutter contre la malaria (paludisme). Mais elle a été délaissée car elle n’agissait plus contre cette maladie. Elle provoquait des résistances. C’est ce qu’on appelle un détournement de molécule. Mais la valeur immunologique de cette molécule reste entière pour d’autres infections. On l’utilise contre le cancer ou la sclérose en plaques, parce que son rôle est de renforcer le système immunitaire. La bonne réponse du corps au virus est appelée l’immunité à médiations cellulaires. C’est ce que fait la chloroquine. Ce n’est pas une immunité anticorps.

Certains spécialistes remettent en cause la chloroquine. Qu’en pensez-vous ?

Pr. MBE : Compte tenu des critiques injustifiées faites à cette molécule et au vu des résultats futurs, l’équipe de recherche de Lubumbashi dispose d’une autre molécule qui a les mêmes effets que la chloroquine. Elle pourrait également ajouter d’autres interférons.

Les stresseurs sont responsables des mutations des virus… C’est pour cela qu’on a ajouté dans notre protocole des antioxydants, qui permettent de lutter contre les conséquences néfastes du stress.

Pourquoi avoir ajouté des antioxydants dans votre protocole ? Quels rôles jouent ces derniers ?

Pr. MBE : Les Chinois ont réussi à freiner la propagation du virus, mais l’épidémie a créé beaucoup de stress parmi la population chinoise. Or les stresseurs sont responsables des mutations des virus. Il faut savoir que 80 % des personnes qui contractent le SARS-CoV2, font des infections bénignes et en guérissent. Sur les 20 % restants, 5 % en guérissent également. Mais les autres décèdent car il y a une mutation du virus. Parmi les mutants dangereux figure la souche L, la plus virulente, qui est provoquée par le stress, la peur et l’anxiété. C’est pour cela qu’on a ajouté dans notre protocole des antioxydants, qui permettent de lutter contre les conséquences négatives du stress.

On s’est aperçu que les populations de l’est de la RD Congo, notamment de la province de l’Ituri, sont soumises depuis 15 ans à des guerres et à la présence de groupes armés.

Comment vous est venue l’idée d’ajouter des antioxydants ?

Pr. BME : Dans l’est de la RD Congo, il y a eu une épidémie de rougeole qui a causé quelque 6 000 morts alors que la rougeole ne tue pas. La fièvre hémorragique à virus Ebola qui a été à l’origine d’environ 250 à 300 morts à Kikwit en RDC en 1995, a fait 2 700 morts dans l’est du pays entre 2018 et 2020. On s’est demandé pourquoi il y a eu autant de décès dans cette partie de la RD Congo. On s’est aperçu que les populations de l’est, notamment de la province de l’Ituri, sont soumises depuis 15 ans à des guerres et à la présence de groupes armés sur leur territoire. Les traumatismes et le stress qu’elles subissent depuis toutes ces années, sont à l’origine de l’effondrement des défenses immunitaires et de la création de radicaux libres et d’espèces réactives de l’oxygène et de l’azote. Cet environnement stressant est la cause de la mutation du virus, provoquant des mutants plus virulents.

Notre approche ne vise pas à s’attaquer aux agents pathogènes mais à aider le système immunitaire à se restaurer et à se renforcer.

Si je résume, l’objectif principal de votre approche est d’abord de conforter le système immunitaire.

Pr. MBE : Oui, dans le cas de cette maladie, notre approche ne vise pas à s’attaquer aux agents pathogènes mais à aider le système immunitaire à se restaurer et à se renforcer. Nous avons adopté la même démarche que celle du professeur Jacques Thèze qui est, pour moi, l’un des plus grands immunologistes de notre époque. Dans le cadre de Diaccurate,  une structure dérivée de l’Institut Pasteur, dont il est cofondateur et directeur général, le professeur Jacques Thèze a démystifié le VIH-Sida en lui apportant une solution immunitaire.

En situation d’urgence, dans le cas d’une flambée de maladie virale, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) permet l’approche compassionnelle.

Avez-vous déjà testé votre protocole ? Qui peut en autoriser l’utilisation?

Pr. MBE : C’est une question que l’on nous pose souvent. En situation d’urgence, dans le cas d’une flambée de maladie à virus, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) permet l’approche compassionnelle. Si on utilise des molécules qui ne sont pas toxiques, on peut essayer des protocoles qui peuvent ajouter un plus dans la lutte contre les maladies. C’est le cas actuellement dans certains pays. Les Cubains disent qu’ils ont aidé les Chinois à faire reculer le coronavirus. On n’a pas demandé aux Chinois de justifier leur choix. Les interférons ont été utilisés pendant longtemps contre les hépatites. La chloroquine est utilisée contre le cancer. La vitamine C est le plus grand antioxydant. Nous avons ainsi détourné des molécules pour lutter contre cette nouvelle maladie infectieuse. Le schéma congolais n’est pas moins respectable que le schéma chinois, français, belge, etc.

Le schéma congolais n’est pas moins respectable que le schéma chinois, français, belge, etc.

Les autorités chinoises vous ont-elles contacté à propos de votre approche ?

Pr. MBE : On a été en contact avec l’expert de l’ambassade de Chine en RD Congo et avec un ancien ambassadeur de Chine en RD Congo qui occupe une place importante dans son pays actuellement. Ils pensent que notre approche est bonne. L’ambassade d’Italie en RD Congo a également pris langue avec nous. Notre regret est de ne pas avoir eu de contacts plus tôt avec les équipes de recherche et de prise en charge chinoises, qui travaillent depuis le début de l’épidémie avec les Cubains. Signalons que, pour le VIH Sida, les Cubains ont toujours utilisé les interférons. C’est cela le génie de l’expertise cubaine.

Il faut faire de la prévention, en donnant aux gens des molécules, dont les interférons et les antioxydants, pour les aider à stimuler et renforcer leurs défenses immunitaires

Outre les mesures de confinement et d’hygiène pour éviter la propagation de la maladie, que faut-il faire ?

Pr. MBE : Il faut faire de la prévention, en donnant aux gens des molécules, dont les interférons et les antioxydants, pour les aider à stimuler et renforcer leurs défenses immunitaires. C’est ce que préconise le président vénézuélien. L’originalité de notre protocole est l’ajout d’antioxydants.

Je vous remercie.

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