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samedi 22 juin 2024
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Économie numérique en Afrique : des acquis à consolider

Après une interruption de cinq ans, l’indice de développement des technologies de l’information et de la communication (TIC), qui comprend de nouveaux indicateurs, dont des données sur le trafic Internet et la couverture du réseau 5 G, a été publié le 13 décembre 2023 par l’Union internationale des télécommunications (UIT), dans son rapport intitulé Measuring digital development : The ICT Development Index 2023.

En Afrique, 20 pays sur les 45 étudiés, affichent un score supérieur à 50 points, ce qui dénote les progrès sensibles dans le développement des TIC. En Afrique centrale, c’est le Gabon qui a la palme avec un score de 72,9, légèrement supérieur à la moyenne mondiale qui est de 72,8. Malgré ces résultats encourageants, des pays africains ont encore des efforts à faire en matière d’économie numérique.

L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) a publié, en décembre 2023, son nouveau rapport intitulé « Measuring digital development : The ICT Development Index 2023 », qui couvre 169 pays.

Indice moyen de 72,8 points

Dans cette édition 2023, l’Indice de Développement des technologies de l’information et de la Communication (TIC), ICT Development Index (IDI) en anglais, indice que l’UIT a lancé en 2009, a intégré de nouvelles variables qui permettent d’avoir une vue plus complète du développement des TIC dans le monde et d’évaluer les progrès accomplis dans chaque pays.

L’Indice de l’UIT est considéré comme l’un des référentiels des données et des analyses mondiales les plus fiables sur l’état du développement des TIC.

Parmi les variables de l’Indice 2023, une dizaine en tout, figurent, entre autres, la qualité du réseau Internet, le pourcentage des particuliers utilisant Internet, la pénétration de la téléphonie mobile à large bande mobile, le trafic Internet à large bande mobile (en giga-octets par abonnement), le prix des données mobiles et des services voix, le taux de possession de téléphones mobiles et la couverture du réseau 5G.

Le score moyen de l’ensemble des pays et territoires étudiés à travers le monde est de 72,8 points.

Sur la base de ces 10 indicateurs, les 169 pays étudiés sont notés, chacun, sur une échelle allant de 0 (le score le plus bas) à 100 points (la meilleure note). Le score moyen de l’ensemble des pays et territoires étudiés à travers le monde est de 72,8 points.

Les champions des TIC

D’une manière générale, les données présentées dans ce rapport indiquent une croissance de l’économie numérique, avec toutefois des écarts persistants entre les pays à revenu élevé et ceux à faible revenu. Le classement établi par le rapport montre, en effet, la forte corrélation entre les performances des pays, leur développement économique et leurs niveaux de revenu. Ainsi, le score moyen des pays à faible revenu est de 31,5 points, contre 62 points pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, 76,4 points pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et 90,1 points pour les pays à revenu élevé.

Le classement établi par le rapport montre, en effet, la forte corrélation entre les performances des pays, leur développement économique et leurs niveaux de revenu.

Toutefois, les écarts demeurent les importants sur deux segments. Selon l’IUT, « les services large bande fixes représentaient plus de 80 % du trafic Internet mondial en 2022. Le volume de ce trafic sur les réseaux large bande fixes est largement supérieur à celui sur les réseaux large bande mobiles. La prédominance des réseaux fixes souligne l’écart en termes de connectivité mondiale entre les pays à revenu élevé et les pays à faible revenu, où l’on compte seulement un abonnement au large bande fixe pour 100 habitants en raison des prix élevés et d’infrastructures insuffisantes ». 

En tête des meilleurs scores en matière de connexion à Internet figurent les pays à revenu élevé, dont l’Europe, la Communauté des États indépendants (CEI) et les Amériques, où entre 87 et 91 % de la population est connectée.  Dans ces pays, 89 % de la population est couverte par la 5G, tandis que les pays à faible revenu accusent un retard considérable dans le déploiement de cette technologie.

Les défis de l’Afrique

En ce qui concerne la téléphonie mobile, le rapport indique que 63 % de la population africaine possède un téléphone portable. Mais l’Afrique accuse un certain retard en matière de connectivité à internet.

Le rapport indique que 63 % de la population africaine possède un téléphone portable. Mais l’Afrique accuse un certain retard en matière de connectivité à Internet.

Trois constats peuvent être établis. Primo, seulement 37 % de la population africaine a accès à Internet, ce qui met en évidence un écart numérique persistant sur le continent, comparativement à d’autres régions du monde. Cet écart est, bien évidemment, lié au niveau de développement économique. Secundo, seulement quatre hommes sur dix et trois femmes sur dix ont accès à Internet. Cette disparité entre hommes et femmes souligne la nécessité de prendre des mesures pour favoriser l’inclusion numérique et réduire les inégalités.

Enfin, la faible couverture de la 5G suscite des inquiétudes quant au risque d’aggravation de la fracture numérique. Si la couverture des réseaux mobiles 5G a atteint, en 2022, près de 40% de la population mondiale, la répartition est inégale. Alors que 89% de la population des pays à haut revenu est desservie par des réseaux 5G, ce service est presque inexistant dans les pays à revenu faible, où la 3G est généralement le seul moyen d’accéder à l’Internet.

Le TOP 10 des pays africains

Toutefois, selon le rapport de l’UIT 2023, des progrès sensibles en matière de développement des TIC ont été réalisés en Afrique. En effet, 20 pays africains sur les 45 étudiés affichent un score supérieur à 50 points, ce qui dénote les progrès sensibles accomplis.

Avec un score de 85,1 points, le Maroc arrive en tête des pays africains, grâce notamment à un taux de pénétration de la téléphonie mobile d’environ 150% et à un taux de pénétration d’Internet proche de 100%.

20 pays africains sur les 45 étudiés affichent un score supérieur à 50 points, ce qui dénote les progrès sensibles accomplis

L’Île Maurice arrive en deuxième position avec un score de 81,7 points devant les Seychelles (80,9 points), l’Afrique du Sud (80,5), la Libye (79,4), l’Algérie (77,8), l’Égypte (75,8), la Tunisie (75,4) et le Botswana (74). Le Gabon clôt le Top 10 africain avec un score de 72,9 points.

Néanmoins, huit des dix pays du monde affichant des scores inférieurs à 30 points se trouvent en Afrique. En outre, les écarts restent énormes entre les différents pays du continent. A titre d’exemple, l’écart entre le Maroc et le Tchad est de plus de 65 points. L’Afrique devra fournir plus d’efforts pour réduire les écarts en matière d’économie numérique.

Le Gabon, en tête en Afrique centrale

Dans la sous-région d’Afrique centrale, le Gabon est l’économie la plus avancée en termes de développement des TIC, avec un score de 72,9, soit légèrement supérieur à la moyenne mondiale qui est de 72,8. Ce résultat est imputable aux investissements massifs dans les infrastructures, notamment pour la construction d’une station d’atterrage des câbles sous-marins de fibre optique et d’un réseau terrestre de près de 1500 km.

Dans la sous-région d’Afrique centrale, le Gabon est l’économie la plus avancée en termes de développement des TIC, avec un score de 72,9.

Le Gabon est suivi de l’Angola (44,1), de la Guinée équatoriale (37,6), du Cameroun (36,8), du Congo (29,2), de la RDC (29,1) et du Tchad (20). La RCA est non classée.

À noter, le recul du Cameroun qui perd quatre places en Afrique centrale par rapport au classement 2017. Dans la plupart des indicateurs de l’IDI, le Cameroun est en dessous de la moyenne. Avec 36,8 points, il se positionne comme le 4ème pays d’Afrique centrale, alors qu’il occupait la 2e position en 2017. S’agissant de la couverture des réseaux 3G et 4G, le Cameroun enregistre un score de 18,4 sur 100 contre 98 sur 100 pour le Gabon.

Classement des pays africains selon l’Indice de développement des TIC 2023 de l’IUT. Source : IUT

Faits saillants de l’édition 2023 du rapport de l’IUT selon l’Institut  

L’utilisation de l’Internet progresse dans le monde et dans chaque région – 67% de la population mondiale utilise l’Internet. En Europe, dans la Communauté des États indépendants et dans la région Amériques, ce pourcentage est de 90% et dans les États arabes et la région Asie-Pacifique, l’utilisation d’internet concerne les 2/3 de la population, ce qui correspond à la moyenne mondiale. Seulement 37% de la population africaine utilise l’Internet aujourd’hui. 

La fracture numérique entre les hommes et les femmes subsiste – À l’échelle mondiale, 70% des hommes utilisent l’Internet, contre 65% chez les femmes. Mais la population des femmes qui n’est pas connectée à Internet, est supérieure de 17% à celle des hommes.

L’utilisation de l’Internet chez les jeunes augmente – À l’échelle mondiale, 79% des personnes âgées de 15 à 24 ans utilisent l’Internet en 2023, soit 14 points de plus que le reste de la population. 

La fracture numérique entre les zones urbaines et rurales subsiste – À l’échelle mondiale, 81% des personnes vivant en zone urbaine utilisent l’Internet, soit 1,6 fois plus que le pourcentage d’internautes dans les zones rurales. 

La possession d’un téléphone mobile est supérieure à l’utilisation de l’Internet – À l’échelle mondiale, 78% des personnes âgées de 10 ans et plus possèdent un téléphone mobile en 2023. En moyenne, dans toutes les régions et toutes les tranches de revenus, le pourcentage de personnes possédant un téléphone mobile est supérieur à celui des utilisateurs de l’Internet. 

Les abonnements continuent de croître à l’échelle mondiale – Les abonnements au large bande fixe ont progressé à un taux annuel moyen de 6,7% au cours des dix dernières années. An matière d’abonnements actifs au large bande mobile, on relève d’importantes disparités liées au revenu avec 148 abonnements pour 100 habitants dans les pays à revenu élevé, contre seulement 33 pour 100 habitants dans les pays à faible revenu. 

L’accessibilité financière du large bande continue de s’améliorer – En 2023, en dépit d’une amélioration de l’accessibilité financière du large bande mobile pour les données uniquement et du large bande fixe dans toutes les régions et pour toutes les tranches de revenus, le coût demeure un obstacle majeur à la connectivité et un facteur clé de la fracture numérique mondiale. Dans les pays à faible revenu, le prix médian d’un abonnement d’entrée de gamme au large bande mobile représente 8,6% du revenu moyen, soit 22 fois plus que dans les pays à revenu élevé (0,4%). 

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