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lundi 18 octobre 2021
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La RDC, future Allemagne de l’Afrique ?

Peu avant de boucler sa visite en Allemagne, le président Félix Tshisekedi s’est exprimé le 15 novembre 2019 dans un hôtel de Berlin devant des Congolais. Il a promis de faire de la RDC l’Allemagne de l’Afrique.

L’envoyé spécial de Makanisi, Arthur Malu-Malu, était sur place.

Partout où il passe, Félix Tshisekedi s’arrange pour rencontrer des Congolais de la diaspora quand son agenda le lui permet. Il n’a pas dérogé à cette règle qu’il a instaurée depuis son investiture, en janvier 2019, à l’issue d’une élection présidentielle controversée et émaillée d’incidents qui continue à diviser le pays. Lors de son séjour à Berlin, deuxième étape de sa récente visite en Europe, Félix Tshisekedi a pris la parole devant plusieurs dizaines de ses compatriotes.

« Le moteur de l’Europe »

Dans la salle, se trouvaient des personnes venues d’autres villes, notamment de Cologne, à 5 heures de train de la capitale Berlin. C’est devant un public acquis à sa cause que Félix Tshisekedi a fait, en une quinzaine de minutes, le compte-rendu de son séjour en Allemagne, la première puissance économique de l’Europe.

« Si l’Allemagne a décidé de franchir le pas pour accompagner le Congo dans son développement, par la coopération bilatérale, mais également par ses investisseurs… cela veut dire que l’avenir de notre pays est à espérer meilleur et radieux »

« L’Allemagne n’est pas n’importe quel pays. C’est le moteur de l’Europe. Si l’Allemagne a décidé de franchir le pas pour accompagner le Congo dans son développement, par la coopération bilatérale, mais également par ses investisseurs, qui se bousculent pour venir chez nous, cela veut dire que l’avenir de notre pays est à espérer meilleur et radieux », a déclaré Féilx Tshisekedi.

A Berlin, ville historique où la carte de la RDC a été ébauchée lors de la conférence de 1884-1885, Félix Tshisekedi s’est entretenu le 15 novembre avec la chancelière Angela Merkel et le président Frank-Walter Steinmeier. Au cours de cette visite aux accents économiques, Félix Tshisekedi a également rencontré des représentants des milieux d’affaires, membres du patronat allemand. Du reste, une délégation d’hommes d’affaires allemande devrait se rendre à Kinshasa dans les prochaines semaines en vue d’étudier les opportunités qui se présentent dans ce pays aux atouts économiques insuffisamment exploités et aux infrastructures embryonnaires.  Le président congolais a laissé entendre que le regard porté par l’Allemagne officielle sur la RDC change, en raison des réformes engagées, sous son impulsion.

« Venez avec nous et je vous promets de faire du Congo l’Allemagne de l’Afrique »

« Le Congo, l’Allemagne de l’Afrique »

« Ma mission est de ramener le Congo, notre pays, à la place qui est la sienne… Tous mes interlocuteurs ont noté les progrès qu’il y a au Congo et se sont engagés à venir nous accompagner pour nous aider à mettre le Congo sur la bonne orbite, sur la voie du développement. Je me suis engagé en leur disant : venez avec nous et je vous promets de faire du Congo l’Allemagne de l’Afrique »,  a-t-il déclaré, sous un tonnerre d’applaudissements.  Faire de la RDC l’Allemagne de l’Afrique ? En termes clairs, Félix Tshisekedi ambitionne de transformer la RDC en locomotive économique du continent. C’est plus facile à dire qu’à faire.

Rien ne pourrait se faire si les réformes en cours ne s’accompagnaient pas d’un vrai changement de mentalités en RDC où des investisseurs font face à toutes sortes de tracasseries.

Même si les choses semblent se présenter sous les meilleurs auspices, le chef de l’Etat s’est voulu un tantinet lucide, en notant que rien ne pourrait se faire si les réformes en cours ne s’accompagnaient pas d’un vrai changement de mentalités en République démocratique du Congo où des investisseurs font face à toutes sortes de tracasseries.

Ces tracasseries découragent certains d’entre eux qui laissent tout tomber. C’est l’une des raisons pour lesquelles la RDC patauge dans les tréfonds du classement Doing Business publié annuellement par la Banque mondiale, qui examine l’attractivité de quelque 190 pays à l’aune d’une série de critères clairement définis. La RDC a réalisé l’exploit de passer de la 182ème à la 184ème place entre 2018 et 2019.

« Lutte contre la corruption »

Félix Tshisekedi n’a pas éludé la question de la corruption qui gangrène la société et ternit l’image du pays. « Quelqu’un qui vient investir son argent… On ne le tracasse pas en lui demandant des bakchichs, des dessous-de-table… J’ai rencontré beaucoup d’hommes et de femmes d’affaires qui se sont plaints des tracasseries qu’ils ont rencontrées sur le terrain. Voilà pourquoi, dans les jours qui viennent, je vais renforcer le travail de l’Agence nationale pour la promotion des investissements en créant à la présidence une cellule pour l’amélioration du climat des affaires », a lâché Félix Tshisekedi. La création d’une cellule à la présidence suffira-t-elle à faire passer les clignotants de l’attractivité du rouge au vert ? La solution réside-t-elle dans l’empilement des structures ?

Félix Tshisekedi n’a pas éludé la question de la corruption qui gangrène la société et ternit l’image du pays.

La prestation de Félix Tshisekedi à Aubervilliers

Le discours, sans notes, de Félix Tshisekedi à Berlin s’est démarqué de sa prestation à Aubervilliers, dans la banlieue nord de Paris, où le public était beaucoup plus nombreux. En France, où il a participé les 12 et 13 novembre  à un forum international sur la paix dans le monde, son intervention devant des Congolais de la diaspora avait été précédée par des incidents causés par des manifestants hostiles. A cette occasion, Félix Tshisekedi s’était livré à une longue défense de son bilan jusqu’ici et à une série de répliques aux critiques qu’il essuie régulièrement sur ses incessants voyages et sur les frictions qui se font jour au sein de la coalition au pouvoir constituée, d’un côté, du Front commun pour le Congo (FCC), le groupe de partis politiques fidèles à l’ancien président Joseph Kabila, et, de l’autre, du Cap pour le Changement (CACH) dont l’UDPS, sa propre formation politique, est un élément-clé.

Tout compte fait, l’organisation de telles rencontres mériterait d’être améliorée. Lors de la délivrance des badges d’accès, une discrimination s’opère entre les VIP et les autres participants. L’attribution du statut de VIP se fait à la tête du client. C’est ainsi que les hommes et femmes de réseaux s’en sortent mieux que d’autres. La mécanique n’est pas bien huilée au point que ces cérémonies débutent toujours en retard.

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