La république du Congo : Institutions, organisation et gouvernance. 2026

485
Mairie de Mossaka, chef-lieu du département Congo-Oubangui, l'un des 3 nouveaux départements créés en 2024. ©MDMM

La république du Congo tire son nom du royaume Kongo qui domina pendant six siècles une partie de la région d’Afrique centrale. Située dans le Bassin du Congo, elle étale ses 342 000 km2 de part et d’autre de l’équateur et se déploie sur plus de 1200 km, selon une direction nord-est/sud-ouest. Elle est bordée à l’ouest par le Gabon, au nord par le Cameroun et la République centrafricaine, à l’est par la République démocratique du Congo, au sud-ouest, par l’Angola (Cabinda) et l’océan Atlantique.

Ancienne colonie française, la République du Congo a accédé à l’indépendance le 15 août 1960. Le 30 décembre 1969, l’adoption d’une nouvelle Constitution par le congrès constitutif du Parti Congolais du Travail (PCT), transforme la République du Congo en République Populaire du Congo (RPC). Selon les articles 36 et 37 de cette Constitution, le président du PCT est président de la République et chef de l’État. Il est élu pour cinq ans par le Congrès du PCT. Durant la période de la RPC, le pays évolue sous le régime du parti unique.

1979-1992 : le colonel DSN aux manettes

Le 9 février 1979, Denis Sassou-N’Guesso (DSN), originaire du département de la Cuvette, est élu président du Comité central du PCT, lors de sa Session extraordinaire qui s’est tenue du 5 au 8 février 1979. Son élection à la tête du PCT et, donc, à celle de l’État, est confirmée lors du troisième Congrès extraordinaire du PCT de mars 1979.

Devenu président de la République populaire du Congo, le colonel Denis Sassou-N’Guesso succède au général Yhombi Opango qui avait remplacé, le 3 avril 1977, le commandant Marien Ngouabi,  placé à la tête de l’État le 7 janvier 1969 et assassiné le 18 mars 1977. Il sera reconduit à la tête de l’État en 1984 et 1989. En 1991, est convoquée une Conférence nationale souveraine, qui se tient du 25 février au 10 juin 1991.

Retour à la tête du Congo en 1997

Au sortir de la Conférence nationale souveraine, Denis Sassou N’Guesso reste président de la République mais à titre honorifique jusqu’à la présidentielle d’août 1992, à laquelle il se présente. Arrivé en 3ème position au 1er tour, il appelle à voter Pascal Lissouba, qui sera élu, le 16 août, au second tour,  avec 61,33 % des suffrages exprimés.

Denis Sassou N’Guesso revient à la tête du pays fin octobre 1997, au terme d’un conflit armé qui l’a opposé au président Pascal Lissouba. Vainqueur de la guerre, avec l’appui de l’Angola, il est proclamé président de la République le 25 octobre 1997.  

Élu en 2002, puis réélu en 2009, Denis Sassou N’Guesos aurait dû quitter le pouvoir en 2016. La Constitution du 20 janvier 2002 prévoyait, en effet, un mandat de sept ans, renouvelable une seule fois (article 57) ainsi qu’une limite d’âge de 70 ans pour le candidat aux fonctions de Président de la République (article 58).

Une Constitution taillée sur mesure

Pour faire sauter les deux verrous de la Constitution de 2002, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum le 25 octobre 2015. Si elle ne prévoit pas de limite d’âge, en revanche, elle limite le mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable deux fois. C’est sur cette base que Denis Sassou-N’Guesso s’est présenté à la présidentielle de mars 2016 et à celle de 2021, à l’issue desquelles il a été réélu. En dépit de ses 82 ans et de sa longévité au pouvoir, le 5 février, il s’est porté candidat à la présidentielle de mars 2026.

Drapeau de la république du Congo
  • Nom officiel : République du Congo
  • Superficie : 342 000 km2
  • Population (2023) : 6 142 180 habitants
  • Densité de population : 17,96 hab/km2
  • Proclamation de la République du Congo : 28 novembre 1958
  • Accession à l’indépendance : 15 août 1960
  • Fête nationale : 15 août
  • Capitale : Brazzaville
  • Langue officielle : Français
  • Langues nationales : Lingala, Kituba

SYSTÈME POLITIQUE

Constitution en vigueur : adoptée par référendum le 25 octobre 2015 et promulguée le 6 novembre 2015. Depuis 1960, le Congo a connu 8 constitutions et 7 Actes fondamentaux.

Institutions

Président (articles 64 à 97)

Le Président de la République est le Chef de l’État. Il est garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de l’unité nationale, du respect de la Constitution et des traités et accords internationaux. Il détermine la politique étrangère et de défense de la Nation.

Le Président de la République est garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et de la continuité de l’État (article 64 – Constitution).

Le président de la République, chef de l’État, est élu pour un mandat de cinq (5) ans renouvelable deux (2) fois (article 65). Le Président de la République est élu au suffrage universel direct, au scrutin uninominal, à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour du scrutin, il est procédé, vingt et un (21) jours après la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle, à un second tour (article 67).

Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il n’est de nationalité congolaise d’origine ; ne jouit de ses droits civils et politiques ; n’est de bonne moralité ; n’atteste d’une expérience professionnelle de huit (8) ans au moins ; n’est âgé de trente (30) ans révolus ; ne jouit d’un état de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins assermentés désignés par la Cour constitutionnelle. (article 66)

Parlement

Le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat (article 107). Il exerce le pouvoir législatif et contrôle l’action du Gouvernement

Assemblée nationale (articles 128 à 132) : Les membres de l’Assemblée nationale portent le titre de député. Ils sont élus au suffrage universel direct. Chaque député élu dans une circonscription électorale est le représentant de la Nation toute entière. La durée du mandat des députés est de cinq ans, renouvelable.

Sénat (articles 133 à 137)  : Les membres du Sénat portent le titre de sénateur. Ils sont élus au suffrage universel indirect par les conseillers départementaux et municipaux. Les sénateurs représentent les collectivités locales de la République. Le Sénat exerce, outre sa fonction législative, celle de modérateur et de conseil de la Nation. La durée du mandat des sénateurs est de six (6) ans, renouvelable.

Principaux partis politiques

Le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation a publié, le 30 juin 2025, la liste des quarante-deux partis politiques reconnus par la loi au titre de cette année, contre quarante-cinq en 2020 (Arrêté n° 13205 du 21 octobre 2020 portant publication de la liste des partis politiques pour l’année 2020).

Sur cette liste, huit nouveaux partis font leur entrée et dix partis sont écartés, dont le Rassemblement pour la démocratie et le développement de Jean Jacques Serge Yhombi-Opango et le Club perspectives et réalités d’Aimé Hydevert Mouagni…

Arrêté n° 1726 du 30 juin 2025 portant publication de la liste des partis politiques pour l’année 2025 (Journal officiel n° 29, du 17 juillet 2025) ; Liste non exhaustive 

  • Parti congolais du travail (PCT)
  • Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS)
  • Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS)
  • Mouvement Action et Renouveau (MAR)
  • Dynamique républicaine pour le développement (DRD)
  • Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) 
  • Club 2002-PUR (Parti pour l’unité et la République)
  • Mouvement pour la Démocratie et la paix (MDP)
  • Rassemblement citoyen (RC)
  • Parti républicain et libéral (PRL)
  • La Chaîne
  • Parti pour la Concorde et l’Action Politique (PCAP)
  • Mouvement national pour la Libération du Congo (MNLC)
  • Parti pour l’Action de la République (PAR)
  • Union pour la restauration du Congo  (URC)
  • Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki)
  • Union pour la démocratie et la République (UDR)-Mwinda 
  • Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS)
  • Etc…

ÉLECTIONS (dates et scores)

Depuis 2021, les Forces de défense et de sécurité votent par anticipation, quelques jours avant le reste du corps électoral congolais.

Élection présidentielle
  • Prochaine présidentielle : 12 mars (vote par anticipation des agents de la force publique) et 15 mars 2026 (vote général)
  • Précédente présidentielle : 17 et 21 mars 2021. Résultats officiels (décision n° 003 du 6 avril 2021. Cour constitutionnelle) : Denis Sassou N’Guesso : 88,40% des suffrages exprimés ; Guy Brice Parfait Kolelas :7,96% ; Mathias Dzon : 1,92% ; Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou : 0,62% ; Dave Huphrem Mafoula : 0,52% ; Albert Oniangué : 0,40% ; Anguios Nganguia Engambe : 0,18%
Élection législative
  • Prochaine législative : 2027
  • Précédente élection législative : 4 et 10 juillet 2022 (1er tour)  et 26 et 31 juillet 2022 (2ème tour). Assemblée nationale : 151 sièges dont PCT : 112 ; UDH-Yuki : 7 ; MAR : 4 ; RDPS : 2 ; Club 2002-PUR : 2 ; DRD : 2 ; PRL : 2

Présidents de la République depuis l’indépendance

République du Congo (1992-)

  • Denis Sassou N’Guesso : 16 avril 2021- en fonction
  • Denis Sassou N’Guesso : 16 avril 2016 – 16 avril 2021
  • Denis Sassou N’Guesso : 11 avril 2009 – 16 avril 2016
  • Denis Sassou N’Guesso : 14 août 2002 – 11 avril 2009

Période de transition (Gouvernement d’Union nationale et de Salut public)

  • Denis Sassou N’Guesso : 25 octobre 1997 (investi président) – août 2002
  • Pascal Lissouba : 31 août 1992 – 15 octobre 1997

République populaire du Congo (1969-1992)

Denis Sassou N’Guesso : mars 1979 – 30 août 1992 (élu président du PCT, il devient de fait chef de l’État)        

Comité militaire du Parti (CMP)

Joachim Yhombi-Opango : 3 avril 1977 – 5 février 1979

Conseil national de la révolution (CNR)

Marien Ngouabi : 7 janvier 1969 – 18 mars 1977 (assassiné)

République du Congo (1960-1969)

  • Alfred Raoul : 7 septembre 1968 – 31 décembre 1968 (Chef d’État par interim)
  • Alphonse Massamba-Débat : 19 décembre 1963 – 2 août 1968
  • Fulbert Youlou : 21 novembre 1959 – 26 mars 1961 – 15 août 1963.

ORGANISATION TERRITORIALE ET ADMINISTRATIVE

L’organisation administrative du Congo est régie par la loi n°3-2003 du 17 janvier 2003.  Selon cette loi, le territoire est subdivisé en départements, communes, districts, arrondissements, communautés urbaines, communautés rurales, quartiers et villages.

Les collectivités locales du Congo sont le département et la commune. Elles s’administrent librement par des conseils élus et dans les conditions prévues par la loi, notamment en ce qui concerne leurs compétences et leurs ressources. En plus de leurs ressources propres, l’État leur alloue, chaque année, une contribution de développement.   

Nouveau découpage territorial en 2024

Justifié par la volonté de rapprocher l’administration de l’administré et de favoriser le développement local, un nouveau découpage territorial, opéré en 2024, a fait passer le nombre de départements de 12 à 15.

Trois nouveaux départements – le Congo-Oubangui, le Djoué-Léfini, la Nkéni-Alima – et un nouveau district – Odziba- ont ainsi été créés. Quatre localités ont, par ailleurs, été transformées en communautés urbaines (Loango, Ngombé, Ngouha 2 et Mpouya). Enfin, la nouvelle organisation administrative a entraîné la redéfinition du ressort territorial de 5 départements (Brazzaville, Plateaux, Pool, Cuvette, Likouala) et du district de Ngabé.

Ces changements ont donné lieu à la promulgation de 11 Lois (n° 24 à 34) du 8 octobre 2024 et de 4 lois du 2 décembre 2024.

Congo, Carte des 15 départements.
Les 15 départements et leur chef-lieu

Bouenza (Madingou) ; Brazzaville (Brazzaville) ; Congo-Oubangui (Mossaka) ; Cuvette (Owando) ; Cuvette-Ouest (Éwo) ; Djoué-Léfini (Odziba) ; Kouilou (Loango) : Lékoumou (Sibiti) : Likouala (Impfondo) ; Nkéni-Alima (Gamboma) ; Niari (Dolisie) ; Plateaux (Djambala) ; Pointe Noire (Pointe Noire) ; Pool (Kinkala) ; Sangha (Ouesso) Source : INS – Ministère du Plan

GOUVERNANCE ET DÉMOCRATIE

Indice de Perception de la Corruption (IPC)

2024 : 23 (score) ; 151ème rang mondial (sur 180) ; 42ème rang en Afrique (sur 54 pays)

L’IPC note 180 pays et territoires selon leurs niveaux perçus de corruption dans le secteur public, en s’appuyant sur 13 évaluations d’experts et enquêtes menées auprès de chefs d’entreprises. Cet indice utilise une échelle de zéro (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu). Source : Transparency International

Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG)

2023 : 39,71 (score) ; 45ème rang sur 54 pays

Les composantes clés qui constituent les quatre catégories de l’IIAG sont : Sécurité et État de droit, Participation et Droits humains, Développement économique durable et Développement humain. Chacune de ces catégories se décline en sous-catégories sous lesquelles sont regroupés divers indicateurs qui fournissent des mesures quantifiables des dimensions fondamentales de la gouvernance. Source :Fondation Mo Ibrahim

Index de l’émergence en Afrique

2023 : 41,4 (moyenne globale) ; 43 ème rang sur 54

Mis au point par le Giersa, l’index de l’émergence couvre, depuis 2019, cinq dimensions thématiques (politique, économique, développement humain, société, capacités institutionnelles) et retient 25 indicateurs qui fournissent un cadre opératoire permettant de saisir les dynamiques éventuelles (ou non) d’émergence. Source : Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines (GIERSA)

Indice de démocratie

2024 : 2,79 (score global)  ; 128ème rang sur 167 ; 29ème rang sur 42 en Afrique

L’indice de démocratie a été créé en 2006 par le groupe de presse britannique The Economist. Il permet d’évaluer le niveau de démocratie de 167 pays dont 166 sont des États souverains et 165 sont membres de l’Organisation des Nations Unies. Calculé à partir de 60 critères différents, l’indice répartit les pays étudiés en 4 différents types de régime (démocraties : indice entre 8 et 10 ; démocraties imparfaites ; indice entre 6 et 8 ; régimes hybrides : indice entre 4 et 6 ; régimes autoritaires : indice inférieur à 4). Source : Economist Intelligence Unit (EIU)

Indice de Liberté de la presse

2025 : 60,58 (score) ; 71ème rang sur 180

Le score de chaque pays dépend de cinq indicateurs contextuels, qui permettent de comprendre la liberté de la presse sur un territoire dans sa complexité : contexte politique, cadre légal, contexte économique, contexte socioculturel et sécurité.  Il varie de 0 à 100. Un haut degré de liberté de la presse est associé à un score élevé, et inversement. Source : RSF

Henley Passport Index

2026 : 46 destinations accessibles sans visa ; 85ème rang

Publié par le cabinet de conseil britannique Henley & Partners, le Henley Passport Index est un classement mondial fondé sur la liberté de circulation des citoyens. En collaboration avec l’Association du transport aérien international (IATA, sigle en anglais), il classe au total 199 passeports dans le monde. Il est mis à jour en temps réel tout au long de l’année, en fonction des modifications de politique de visas de chaque pays. Source : Henley & Partners

PUISSANCE MILITAIRE ET ÉTAT DE PAIX

Classement Global Fire Power (GFP)

2026 : 2.6259 (score) ; 117ème rang mondial (sur 145) ; 24ème rang sur 38 en Afrique

Pour déterminer le score PowerIndex d’une nation, le classement global de la puissance de feu (GFP) utilise plus de 60 facteurs, avec des catégories allant de la quantité d’unités militaires (nombre de militaires actifs, force aérienne, force navale, nombre d’avions de chasse, etc.) et de la situation financière (budget consacré à la défense…) aux capacités logistiques (disponibilité du carburant pour les opérations militaires, flexibilité logistique) et à la géographie. Source : Global Fire Power

Global Peace Index (GPI)

2025 : 2,132 (Score) ; 103ème rang sur 163 ; 19ème rang sur 44 pays africains

Produit par l’Institute for Economics and Peace (IEP), un think tank indépendant basé à Sydney, en Australie, le Global Peace Index (GPI) mesure l’état de la paix dans 163 pays du monde,  couvrant 99,7 % de la population mondiale. Le GPI  s’appuie sur 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs qui mesurent l’état de la paix dans chaque pays à travers trois domaines clés : ampleur du conflit national et international en cours  (pacifisme et implication ou non dans des conflits internationaux) ;  sûreté et sécurité (taux de criminalité, terrorisme, manifestations violentes,…) ; militarisation (dépenses militaires/PIB, effectifs des forces armées pour 100 000 habitants, volume d’armes conventionnelles importées et exportées…). Pour chacun des indicateurs est accordé un score et plus un pays est pacifique, plus son score est proche de 1. A contrario, plus il est considéré comme violent, plus son score est élevé. Source : Institute for Economics and Peace