
Bordée à l’ouest par le Gabon, au nord par le Cameroun et la République centrafricaine, à l’est par la République démocratique du Congo, au sud-ouest par l’Angola (Cabinda) et l’océan Atlantique, la République du Congo abrite quelque 6,150 millions d’habitants dont plus de la moitié vit en milieu urbain, en particulier à Brazzaville, la capitale, et à Pointe-Noire, port maritime et centre de l’activité pétrolière et gazière.
À un mois de l’élection présidentielle et à l’heure de la diversification économique et de la transition énergétique et numérique, où en est ce pays d’Afrique centrale, qui compte de nombreuses ressources naturelles, dont l’exploitation pourrait être un formidable levier, mais dont les retombées socio-économiques sont très inégales ?
Focus sur les défis du Congo et sur les principaux indicateurs humains et macroéconomiques
En ce début d’année 2026, le Congo fait face à un triple défi : écologique, économique et social. Il doit protéger ses écosystèmes, tout en développant de manière durable ses secteurs forestier, pétrolier, gazier et minier, et faire des revenus tirés des ressources naturelles (hydrocarbures, mines et forêts) un levier de développement socioéconomique.
Aux défis qu’impose cette transition énergétique, s’ajoutent ceux de la diversification de l’économie et de la transformation plus poussée des ressources naturelles, afin d’accroître les revenus et de les redistribuer de manière équitable au sein de la population.
Si la contribution de partenaires privés étrangers à la création de richesses au Congo est une alternative, elle doit toutefois trouver un terrain de convergence avec les besoins, les compétences et la connaissance du terrain des entrepreneurs locaux. Sur ce plan, des efforts sont à fournir pour faciliter l’émergence de PME/PMI et de microentreprises viables et compétitives. Or l’accès au financement est un vrai casse-tête. L’endettement public, le manque de ressources financières de l’État et les failles dans la gouvernance sont d’autres freins.
Pétrole, gaz et mines
L’économie congolaise repose sur la filière hydrocarbures (pétrole et gaz) et, dans une moindre mesure, sur la filière forêt-bois. La filière hydrocarbures représentait en 2024 environ 80% des exportations et près des deux tiers des recettes budgétaires.
Les autorités du pays veulent porter la production de pétrole à 500 000 barils/jour (bbl/j), contre 262 047 bbl/j, en 2023. Une option qui n’est pas toujours en adéquation avec les exigences de réduction de CO2. Toutefois, l’accent est mis sur le gaz naturel, considéré comme une ressource propre, sur lequel le Congo entend baser sa propre transition énergétique. Ce qui représente un point positif, d’autant que ce choix s’accompagne d’une réduction du torchage, opération qui consiste à brûler le gaz non exploité, dont les conséquences écologiques sont désastreuses.
Si une partie du gaz naturel sert à produire de l’électricité, le gaz naturel liquéfié (GNL) est, pour sa part, destiné majoritairement à l’exportation. Le pays est devenu exportateur de GNL en 2024, avec l’envoi vers l’Italie d’une première cargaison de GNL, en provenance du Tango FLNG, dans le cadre de la phase 1 du projet gazier Congo GNL, mis en oeuvre par la compagnie italienne ENI. La phase 2 a été lancée le 7 février dernier, avec l’expédition de la première cargaison de GNL, en provenance, elle, du second terminal flottant (FLNG Nguya).
Le Congo renferme des minerais, notamment du fer dans sa partie nord (Sangha) et ouest (Lékoumou, Niari), dont l’exploitation n’a pas encore démarré. On y trouve aussi du cuivre et du zinc, exploités par la Soremi dans la Bouenza, de la potasse et des phosphates (Niari), ainsi que de l’or et des diamants. Malgré son potentiel, la filière mines est sous-exploitée et la création d’une chaine de valeurs pour accroître la valeur ajoutée pour chaque filière reste au niveau des intentions.
Forêts, des puits de carbone à préserver
Le Congo abrite une forêt dense qui est répartie en plusieurs massifs, celui de la partie nord (départements de la Cuvette, de la Cuvette-Ouest, de la Sangha et de la Likouala) étant le plus étendu. L’ensemble occupe environ 22,4 millions d’hectares, soit près de 64% du territoire national, dont 14,8 millions d’hectares attribués sous forme de concessions forestières.
Grâce à sa forêt et à ses tourbières, le Congo joue un rôle important comme puits de carbone mondial. Ce patrimoine est à préserver. Des efforts ont été réalisés en matière d’aménagement des concessions et de certification forestière (gestion durable et légalité), deux démarches qui permettent d’assurer la valeur environnementale, économique et sociale à la forêt. Ce processus est à poursuivre et à amplifier. L’accent doit être également mis sur davantage de transformation du bois pour accroître la valeur ajoutée de la filière. Or, actuellement, le taux de transformation reste bas et la transformation est majoritairement limitée aux sciages.
Transport, énergie et numérique
Pour que les perspectives de diversification et de transformation économiques et de transition énergétique deviennent réalité, le pays doit lever plusieurs obstacles. L’un d’eux est le manque d’infrastructures de transport, en particulier bas carbone, comme le transport ferroviaire et transport en commun urbain électrique. En ville, plus de la moitié du parc automobile est composée de taxis individuels.
L’autre problème est le manque d’énergie électrique, dont l’offre n’arrive pas à satisfaire les besoins des populations et des activités économiques. Selon le ministère de l’énergie et de l’hydraulique, la capacité installée serait actuellement d’environ 770 MW. Dans les faits, l’offre est inférieure, en raison de la vétusté du réseau de transport et de distribution. Des centrales, dont celle d’Imboulou, connaissent par ailleurs des problèmes, en raison de turbines à l’arrêt. Le Congo envisage de doubler sa capacité de production pour atteindre 1 500 MW d’ici 2030.
Avec un score de 49,6 sur 100 à l’Indice de développement des Technologies de l’information et de la communication (TIC), le Congo demeure en dessous de la moyenne africaine (56), signe d’un développement encore partiel des infrastructures et des usages numériques. Mais la situation évolue positivement. Le Congo, qui veut faire du numérique un levier de modernisation, doit prochainement adopter sa Stratégie nationale du numérique 2030.
- Nom officiel : République du Congo
- Superficie : 342 000 km2
- Capitale : Brazzaville
- Langue officielle : Français
- Population (2023) : 6 142 180 habitants
- Densité de population : 17,96 hab/km2
- Population urbaine (Brazzaville + Pointe-Noire) : 58,2 %
- Population de moins de 15 ans : 2 520 230 personnes
- Population de 15 ans à 64 ans : 3 345 973 personnes
- Population de 65 ans et + : 175 977 personnes
Source : Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), 2023- Institut national de la statistique (INS). Ministère du Plan
DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET HUMAIN
Indicateurs sociaux
- Espérance de vie à la naissance (nombre d’années) : 64 ans (2022)
- Taux de fécondité (naissances par femme) : 4,8
- Taux brut de natalité : 36 ‰
- Taux brut de mortalité des moins de 5 ans : 45 ‰
- Taux de mortalité infantile : 33,2‰
- Scolarisation dans le primaire: 842 /1000
- Scolarisation dans le secondaire : 525/1000
- Taux d’alphabétisation des 15 ans et + (total/H/F) : 80,6 / 86,4 / 72,9
- Accès de la population à l’électricité : environ 38 % des ménages
- Accès à l’eau potable : 66% (milieu urbain), 47 % (zone rurale).
- Nombre d’abonnés à la téléphonie mobile : 5,9 millions (2025)
- Taux de pénétration à la téléphonie mobile sur pop. totale : 92,4 %(2025)
- Nombre d’abonnés à l’Internet mobile : 3,7 millions (2025)
- Taux de pénétration de l’Internet mobile : 58 %
- Mobile money. Nombre d’abonnements : 3,4 millions ; Taux de pénétration : 53%
- Sources : Ministère du Plan. Ministère de l’énergie et de l’hydraulique. ARPCE
Lire aussi : La république du Congo, Institutions, organisation et gouvernance. 2026 https://www.makanisi.org/la-republique-du-congo-institutions-organisation-et-gouvernance-2026/
Indice de développement humain (IDH)
IDH 2022/23 : 0,593 ; 149ème rang mondial (sur 193) ; 18ème rang en Afrique sur 53 pays
L’IDH prend en compte le revenu national brut, l’espérance de vie à la naissance et le niveau de scolarisation des personnes de plus de 15 ans. En 2020, deux nouveaux éléments ont été ajoutés. Le premier prend en compte les volets santé, éducation et niveau de vie. Le second élément concerne les émissions de gaz carbonique et l’empreinte carbone du pays. L’indice compte quatre catégories : les pays ayant un IDH très élevé (IDH égal 0,898), les pays ayant on IDH élevé (0,753), les pays ayant un IDH moyen (0,631) et les pays ayant un IDH faible (0,513). Source : PNUD
MACRO-ÉCONOMIE ET FINANCES
Indicateurs économiques et financiers
- Devise : Franc CFA (XAF)
- PIB nominal (en milliards de F CFA): 9029 milliards de FCA (2024) ; 9470 milliards de FCA (proj. 2025) ; 10 090 milliards de FCA (proj. 2026) ; 10 740 milliards de FCA (proj. 2027) ;
- PIB nominal (milliards de dollars) : 14,929 Md$ (2024) ; 15,409 Md$ (proj. 2025) ; 16,362 Md$ (proj. 2026) ; 17,369 Md$ (proj. 2027)
- Croissance du PIB réel (variation annuelle en %) : 2,6 % (proj. 2024) ; 3,7 % (proj. 2025) ; 3,4 % (proj. 2026) ; 3,4 % (proj. 2027)
- RNB (revenu national brut)/habitant : 2488 $ (2023forêt)
- Dette publique extérieure (en % du PIB) : 34,7% (2024) ; 31,9 % (proj. 2025) ; 29,5 % (proj. 2026) ; 27,2% (proj. 2027).
- Dette publique totale (en % du PIB) : 94,6% (2024) ; 90,04 % (proj. 2025) ; 85 % (proj. 2026) ; 78,7% (proj. 2027). Source : FMI
Commerce extérieur
- Exportation Fob (variation annuelle en %) : 0,9 % (proj. 2024) ; -4,1% (proj. 2025) ; 0,5% (proj. 2026) ; 0,2% (proj. 2027).
- Importation Fob (variation annuelle en %) : 8,5% (proj. 2024) ; 0,6% (proj. 2025) ; 4,7% (proj. 2026) ; 1,4% (proj. 2027).
- Source : FMI
Lire aussi : Le Congo en chiffres. 2. Climat des affaires, environnement, numérique https://www.makanisi.org/le-congo-en-chiffres-2-climat-des-affaires-environnement-numerique/
Principales productions
- Pétrole brut (production en millions de barils) : 96 M barils (proj. 2024) ; 100 M barils (proj. 2025) ; 101 M barils (proj. 2026) ; 100 M barils (proj. 2027) ;
- Gaz naturel liquéfié (GNL) : 1,7 million de m³ (est. 2024) ; 4,5 milliards de m³ (proj. 2025)
- Bois tropicaux (production) : 2,347 millions de m3 (2022), dont grumes : 1,880 million de m3 ; 1,549, million de m3 (2023) dont grumes : 855,9 milliers de m3
- Mines : Cathodes de cuivre, zinc, or
- Sucre.
- Source : FMI, BEAC
Pays clients, pays fournisseurs
- Destinations (en % des exportations) : Chine (36%), Europe (29 %), Singapour (13%) ; Vietnam (4 %), Angola (3 %)
- Provenances (en % des importations) : Chine (23%), Europe (21%) ; Angola (19%), USA (4%), Namibie (3%).
- Source : Coface
Relations avec le Fonds monétaire international (FMI)
Le Congo est devenu membre du FMI le 10 juillet 1963
Le 12 mars 2025, le conseil d’administration du FMI a achevé la sixième et dernière revue de l’accord au titre de la FEC, ce qui a permis le décaissement de 32,4 millions de DTS (environ 44 M$). Selon les conclusions de cette revue, la performance du programme a été mitigée, avec des retards persistants dans la mise en œuvre des réformes structurelles. Le renforcement de la mise en œuvre des réformes pour améliorer la gestion des finances publiques et de la dette, la gouvernance et la transparence seront essentiels pour créer l’espace fiscal nécessaire pour les dépenses de développement et atteindre une croissance plus élevée, résiliente et inclusive.
En janvier 2025, les autorités congolaises ont demandé une prolongation de trois mois de l’accord de facilité élargie de crédit (FEC) qui expirait le 20 janvier 2025. La prolongation visait à accorder suffisamment de temps pour terminer le sixième (et dernier) examen. Ce temps supplémentaire nécessaire permettrait aux autorités de mener à bien les réformes restantes. Lles services du FMI et les autorités doivent parvenir à un accord sur les politiques appropriées pour soutenir l’achèvement de la 6ème revue de la FEC pour la République du Congo, préparer les documents et les faire circuler pour examen par le Conseil d’administration. Source : FMI
Approbation par le conseil d’administration du FMI d’un accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC), d’un montant de 455 millions de dollars destiné à aider le pays à préserver sa stabilité macroéconomique et à favoriser la reprise économique dans le contexte de la pandémie Covid-19, notamment en catalysant le soutien financier d’autres donateurs officiels : 27 janvier 2022. Source : FMI













