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lundi 18 octobre 2021
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« Le Congo dans la 1ère Guerre mondiale 1914-1918 », par Léon Bemba

Il manquait un ouvrage écrit par des historiens congolais sur la participation du Moyen-Congo à la première guerre mondiale 1914-1918. Édité, en 2018, par Les Manguiers, le livre de Léon Bemba*, intitulé « Le Congo dans la Première Guerre mondiale 1914-1918, les batailles de Mbirou« , vient combler ce vide.

Épisode africain d’une guerre opposant des nations européennes, dont la France et l’Allemagne, la bataille de Mbirou, à laquelle fait référence l’auteur, a eu lieu du 22 au 29 août 1914 à quelque 12 km au sud de Ouesso, dans l’actuel département de la Sangha, dont une partie du territoire était contrôlée depuis 1911 par l’Allemagne**.

Cette première bataille, qui est le thème du roman Les rescapés de Mbirou, du Congolais Bernard Zoniaba, paru en 1966, s’est soldée par la défaite de la France. Cette dernière se rattrapera plus tard, en menant, dans le nord du Congo et au Cameroun, une offensive contre les Allemands avec l’appui de la Belgique et des troupes composées en grande partie de soldats congolais des deux rives, récupérant ainsi ses territoires perdus au Moyen-Congo. Cette série de combats illustre l’importante contribution du Moyen-Congo à l’effort de guerre et à la victoire de la France et de ses alliés contre l’Allemagne, lors de la première guerre mondiale.

Plus généralement, Léon Bemba  analyse dans cet ouvrage l’organisation militaire du Moyen-Congo et de l’Afrique équatoriale française (AEF) avant la première guerre mondiale et leur participation à cette dernière sur les fronts européen et africain. Il étudie également les conditions de recrutement des troupes de l’AEF et les répercussions sociales et économiques dramatiques  que cette guerre a eu en Afrique en général et en Afrique centrale en particulier.
Bien documenté et illustré, enrichi de nombreuses cartes et de statistiques, cet ouvrage, qui s’appuie sur des témoignages et des archives, est d’un grand intérêt historique. À lire et à conserver dans sa bibliothèque.

* L’auteur : Léon Bemba est docteur en Histoire d’Afrique Noire, en Sciences de l’Information et de la Communication et Maître Assistant CAMES à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, Il est l’auteur de Rapports Presse et Pouvoir Politique au Congo Brazzaville 1960-2010, parus aux éditions l’Harmattan en 2011. 

** Encadré : le Moyen-Congo « allemand »

Pour rappel, le traité du novembre 1911 entre la France et l’Allemagne avait déplacé la frontière du Cameroun sur le Djouah. Les territoires ainsi gagnés par la colonie allemande furent appelés Nouveau Cameroun. Ils comprenaient au Gabon le Woleu-Ntem et au Congo les régions de Souanké, Sembé, Fort-Soufflay et Ouesso. Deux prolongements donnaient accès à la rivière Oubangui et au fleuve Congo, l’un sur la Sangha entre les deux Likouala (Likouala-aux-Herbes et Likouala-Mossaka) formant la région de la Daki, l’autre le long de la Lobaye débouchant sur l’Oubangui aux abords de Zinga. En Sangha et Haute-Sangha, Ouesso, Bania et Carnot étaient cédés par les Français.

À Ouesso, l’évacuation fut progressive. Des commissions de délimitation avaient été constituées. Ouesso, qui subsistait comme seul poste français de la région, devint un hinterland qui recevait les villages repliés de la Ndaki. La cité passa sous commandement allemand au début de 1914, mais fut réoccupée par les Français le 31 août de la même année, dans le cadre des opérations de guerre. Le 28 octobre, le poste de N’Zimou, au nord de Ouesso, fut enlevé et les colonnes de soldats envoyées par le Dja, la Sangha et la Lobaye aboutirent au Cameroun à la prise de Bertoua, Doumé et Lomié.

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