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mercredi 29 mai 2024
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RDC. Filières cuivre, cobalt et zinc : situation en 2022 et perspectives

Le cuivre, le cobalt et le zinc représentent l’essentiel des exportations du secteur extractif de la RDC, soit plus de 90 % des exportations du pays. À l’exception du zinc, la production et les exportations des autres filières, qui jouent un rôle important dans la transition énergétique, ont enregistré une forte hausse depuis 2020. En 2022, la RDC reste, de loin, le premier producteur mondial de cobalt et se hisse au troisième rang mondial pour le métal rouge.

La production de cuivre de la RDC a fait un grand bond en avant en 2022 pour s’afficher à 2 359 824 tonnes (cuivre métal de fusion, cathodes de cuivre et cuivre métal contenu), contre 1 802 897 t en 2021, selon le rapport 2022 de la Banque centrale du Congo (BCC). 

3ème producteur mondial de cuivre

En 2022, la RDC est ainsi devenue le 3ème producteur mondial du métal rouge, juste derrière le Pérou (2,4 millions de tonnes). Le Chili reste sur la première marche du podium, avec plus de 5 millions de tonnes, selon l’US Geological Survey, paru en janvier 2023.

En 2022, la RDC est ainsi devenue le 3ème producteur mondial du métal rouge, juste derrière le Pérou (2,4 millions de tonnes).

La production de cuivre de la RDC est assurée à hauteur de 99 % par les entreprises partenaires de la Gécamines, la compagnie publique. En 2021, la progression de plus de 51 % des cours du cuivre, qui se sont établis en moyenne à 9 299,3 dollars la tonne, a contribué à la forte augmentation de la valeur des exportations de ce produit.

Cathodes de cuivre : 71 % de la production de cuivre

Selon les statistiques du ministère des Mines de la RDC, les exportations de cuivre métal se sont élevées à 1 774 550 t en 2022, en hausse constante depuis 2016 (1 023 686 t)Elles représentaient 71 % de la production totale de cuivre métal, contre 76 % en 2021. La province du Lualaba, située dans le sud-est du pays, qui concentre une grande part des gisements de cuivre et de cobalt, a fourni 1 107 968 t de cuivre, le reste provenant de son proche voisin, le Haut-Katanga.

Le top 5 des exportateurs

Au cours de l’exercice 2022, 5 entreprises ont assuré près de 43 % des exportations de cathodes de cuivre. Dans ce Top 5 figuraient la Sino-Congolaise des mines (SCM), en tête avec un volume exporté de 247 696 t, suivie de Kamoto Copper Company, filiale du suisse Glencore (214 969) et de Tenke Fungurume Mining (TFM),  avec 127 055 t, dont la China Molybdenum Co détient 80 % du capital. Viennent ensuite Metalkok RTR (Metal Kolwezi) du kazakh Eurasian Resources Group (ERG), qui retraite des résidus historiques de cobalt-cuivre près de Kolwezi, et la Société minière de Dewiza (Somidez), un partenariat entre la China Nonferrus Métal Mining Corporation (51%) et la Gécamines (49%).

Au cours de l’exercice 2022,  5 entreprises ont assuré près de 43 % des exportations de cathodes de cuivre.

Si ces 5 entreprises représentent environ 43 % des exportations de cathodes de cuivre, l’ensemble des sociétés à capitaux chinois dominent la filière, dont près de 80 % de la production est destinée à la Chine.

Exportation de cathodes de cuivre

Sociétés en RDCSociétés MèreCathodes en tonnes
Sicomines SA (SCM)Sinohydro 247 696
KCC sarlGlencore 214 969
TFM SACMOC 127 055
Metalkol RTRERG 99 649
SOMIDEZCNMC 86 328
Sous-total des 5 entreprises  775 697
Total général  1 774 550

Source : Ministère des Mines de la RDC

Perspectives en 2023

En 2023 et en 2024, la filière devrait connaître des évolutions, avec l’entrée en production de nouvelles mines et unités de transformation. Pour Glencore, les perspectives sont bonnes. L’entreprise a produit 253 400 t de cuivre en 2022, dont 220 100 t pour sa filiale Kamoto Copper Company (KCC) et 33 300 t pour sa filiale Mutanda Mining (Mumi). Une production toutefois inférieure de 23 800 tonnes à celle de 2021, en raison de diverses contraintes, mais qui a été partiellement compensée par le redémarrage de Mumi au deuxième semestre 2021, après plusieurs mois de maintenance.

Eurasian Resources Group, dont deux filiales sont en production en RDC, a redémarré ses opérations de cuivre et de cobalt à Boss Mining. En 2023, le groupe, qui a également des actifs dans la filière cuivre-cobalt en Zambie, va investir 1,8 milliard $ pour doubler sa production de cuivre sur le continent. En revanche, des incertitudes planent pour TFM et Sicomines, en raison de différends avec leur partenaire congolais.

Les promesses de Kamoa-Kakula

Parmi les futurs leaders de la filière cuivre, figure Kamoa-Kakula, une joint-venture entre le canadien Ivanhoe (39.6%), le chinois Zijin Mining (39.6%) et l’État congolais (20%). En 2022, l’entreprise a livré 333 497 tonnes de cuivre en concentrés. En 2023, elle table sur une production d’au moins 450 000 t de cuivre sous forme de concentrés et de 600 000 tonnes en 2024. Une infime partie de ces concentrés est, pour l’heure, transformée localement, en attendant la mise en service, prévue pour la fin 2024, de la fonderie flash à fusion directe (direct-to-blister flash smelter) de l’entreprise, qui produira des plaques de cuivre ( blister), avec une teneur en cuivre de 99,9 %.

Parmi les futurs leaders de la filière cuivre, figure Kamoa-Kakula, une joint-venture entre le canadien Ivanhoe (39.6%), le chinois Zijin Mining (39.6%) et la Gécamines (20%).

Le 1er producteur mondial de cobalt

Selon les statistiques du ministère des Mines, la production de cobalt métal a progressé pour s’établir à 115 371 tonnes en 2022 contre 93 010 t. en 2021. Même tendance pour les exportations qui ont augmenté de près de 33% entre 2020 et 2022 pour s’établir à 115 371,31 t contre 86 590,72 t en 2020.  Cette augmentation est liée entre autres à la reprise de la production de la mine de Mumi.

Ainsi, la RDC conforte sa place de premier producteur mondial de cobalt, loin devant l’Indonésie (10 000 tonnes) et la Russie (8 900 tonnes), selon le rapport de l’US Geological Survey (USGS) sur la production des minerais dans le monde, paru en janvier 2023.

La production congolaise a fourni environ 68 % des volumes de cobalt mis sur le marché mondial en 2022.

La production congolaise a fourni environ 68 % des volumes de cobalt mis sur le marché mondial en 2022. Elle est assurée à hauteur de 80 % environ par les entreprises partenaires de la Gécamines, qui opèrent pour l’essentiel dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Les 20 % restants proviennent de la production artisanale.

Le top 5 des producteurs et exportateurs de cobalt métal

En tête des producteurs de cobalt métal figurent les deux filiales de Glencore. Selon le rapport annuel de Glencore, publié début février 2023, KCC et Mumi ont produit respectivement 25 500 t et 14 700 t de cobalt métal, soit un total de 40 200 t, sous forme de concentrés et d’hydroxyde, en hausse de 45 % par rapport à 2021. Un rebond lié à la reprise de la production de Mumi, dont la mine est considérée comme l’une des plus grandes au monde. Si Glencore est dans le peloton de tête des producteurs de cobalt métal en RDC, il n’est pas le seul.

En effet, la filière cuivre-cobalt de la RDC est dominée par des filiales de grands groupes chinois. Parmi ces groupes figurent des fournisseurs mondiaux de cobalt comme Huayou Cobalt, Jinchuan group, deuxième producteur mondial de cobalt, ou des fabricants de machines et d’équipements, comme la China Railway Group et des compagnies minières comme China Molybdenum, China Nonferrous Metal Mining Company et China’s Wanbao. D’autres majors de l’empire du milieu dont Hong Kong Excellen Mining Investment, filiale de Shanghai Putailai, Nanjing Hanrui Cobalt ou Contemporary Amperex Technology (CATL), leader mondial des batteries, ont également des filiales dans le pays.

La filière cuivre-cobalt de la RDC est dominée par des filiales de grands groupes chinois.

Le cobalt artisanal

Outre la production formelle de cobalt, on estime à 20 % celle assurée par des artisans creuseurs, dont des enfants, auprès desquels se fournissent de grandes sociétés. 

Pour lutter contre le travail des enfants dans les mines, formaliser l’exploitation artisanale du cobalt et assurer de bonnes conditions de travail et de rémunération aux artisans, un monopole d’achat du cobalt artisanal a été confié à l’Entreprise générale du cobalt créée par décret en 2019 qui a lancé ses activités fin mars 2021. Divers problèmes dont des différends avec une filiale de Huayou Cobalt, semblent compromettre cette initiative. À ce jour, l’EGC qui prévoyait d’acheter jusqu’à 7 000 tonnes de cobalt auprès des mineurs artisanaux en 2021, n’a pas acquis la moindre tonne, suite à divers problèmes.

Zinc, espoir avec Kipushi Corporation

Après avoir augmenté en 2020 (15 305,38 tonnes) et en 2021 (16 079,39 t.) en raison d’une forte demande de la Chine, les exportations de zinc ont baissé de 11,3 % en 2022 pour s’établir à 13 578,3 t. selon le ministère des Mines de la RDC. Les cours mondiaux du zinc ont également fléchi en 2022 à cause de la baisse de la demande chinoise. Près de 16 % de ce minerai est produit par la Gécamines tandis que 84 % de la production est assurée par ses sociétés partenaires.

Dans un proche avenir, la filière zinc de la RDC devrait bondir avec l’entrée  en production de Kipushi Corporation SA (Kico SA), une joint-venture entre Kipushi Holding Ltd, une filiale à 100% du canadien Ivanhoe Mines, qui détient 68 % des actions, et la Gécamines (32 %). Cet actionnariat devrait évoluer en faveur de la Gécamines dans le cadre de la révision de la convention d’association entre les deux partenaires, en cours de finalisation.

Dans un proche avenir, la filière zinc de la RDC devrait bondir avec l’entrée  en production de Kipushi Corporation SA (Kico SA)

Premières productions commerciales fin 2024

La remise en état de la mine de Kico, dont l’exploitation avait débuté en 1923 avant d’être mise en veilleuse fin 1993, a pris une dizaine d’années. Dans l’intervalle, des rejets ont été exploités par des mineurs artisanaux. Fin 2022, tous les travaux, y compris ceux préparatoires à l’exploitation minière, étaient achevés. Soit un investissement de l’ordre de 500 millions de dollars.

La deuxième phase des travaux porte sur les infrastructures de surface, dont la construction d’un nouveau concentrateur et d’un convoyeur pour le transport du minerai depuis le puits 5, très riche en zinc, jusqu’à l’usine de concentrés. Le tout représentera un investissement de quelque 400 millions de dollars.

L’exploitation minière démarrera avant l’achèvement de l’usine. Des stocks de minerais seront constitués en attendant la mise en marche du concentrateur prévue fin 2024, qui donnera le top de départ de la production commerciale. Le projet Kipushi étant focalisé sur l’exploitation du zinc, même si des indices d’autres métaux pourraient conduire à des explorations, le produit final sera du concentré de zinc. Les prévisions tablent sur une production de 450 000 tonnes de concentrés de zinc par an, soit 240 000 tonnes de zinc contenu. Le gisement, situé à une profondeur de 1250 m, héberge des ressources indiquées et mesurées de 12 millions de tonnes (Mt) à une teneur de 35% de zinc, soit la plus haute au monde, et des réserves de 10,81 Mt, titrant 32% de zinc, 0,65% de cuivre, 19 g/t d’argent, et 51 g/t de germanium.

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