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mardi 30 novembre 2021
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Congo. Cuivre et fer : les premiers frémissements du secteur minier

Alors qu’on ne s’y attendait plus, le Congo a exporté fin avril 2019 ses premières cargaisons de fer. En 2018, la filière polymétaux avait également créé la surprise en livrant ses premières tonnes de cathode de cuivre. Néanmoins, malgré ces deux bonnes nouvelles, le secteur minier congolais a du mal à décoller.

Les raisons ? La difficulté à mobiliser des financements et le manque d’infrastructures de transport et d’énergie. Un récent accord avec la Chine portant sur la création d’une zone économique spéciale à Pointe-Noire, prévoit une étude de faisabilité sur la construction d’un nouveau port maritime et d’une centrale électrique ainsi que la réhabilitation du chemin de fer Congo Océan (CFCO). Ce qui pourrait, à moyen terme, solutionner ces problèmes.

15 862 tonnes de cathodes de cuivre de la Sorémi

Au début des années 2010, les filières fer, potasse et phosphate portaient tous les espoirs du secteur minier congolais. Pourtant, fin 2017, c’est la filière polymétaux qui a pris les devants sous la houlette de la Société de recherche et d’exploitation minière (Soremi), un partenariat entre China National Gold Group Corporation (60 % du capital), l’américain Gerald Metals (30 %) et l’État congolais (10 %).

L’entreprise opère dans le département de la Bouenza, où elle exploite des gisements à Mfouati ainsi qu’à Boko-Songho, les plus riches en cuivre. En 2018, sa raffinerie, qui a une capacité de 20 000 tonnes par an, a produit 15 862 tonnes de cathodes de cuivre dont 75% ont été exportés vers la Chine. Au cuivre s’ajouteront le zinc et le plomb, avec la construction prochaine d’un nouveau module qui sera consacré  à ces filières.

Autre acteur de la filière, Lulu de Mines, un partenariat entre le chinois Shenglong International Investissement SARL (90 % du capital) et l’État congolais (10%), a obtenu deux permis d’exploitation de gisements riches en cuivre, zinc, plomb et argent dans le sud du Pool. Un différend oppose toutefois la société à l’État congolais, Lulu de Mines souhaitant exporter du minerai brut, une option que refuse le gouvernement.  

Fer, de multiples freins

Les gisements de fer sont localisés dans la partie ouest du Congo, le long de la frontière avec le Cameroun et le Gabon. Au début des années 2010, plusieurs projets semblaient bien partis. Mais le démarrage de l’exploitation a été freiné par la baisse des cours mondiaux conjuguée au casse-tête de l’évacuation du minerai, au déficit énergétique et aux difficultés pour les opérateurs de mobiliser des financements.  

Sapro-Mayoko exporte 23 000 tonnes de fer

Dans le sud du pays, malgré la proximité du port maritime de Pointe-Noire et la présence du chemin de fer, l’exploitation du minerai n’échappe pas à ces contraintes. Le CFCO est à réhabiliter et à moderniser, notamment le tronçon ex-Comilog, qui va de Mbinda à Dolisie. Autres verrous à faire sauter, la question du port minéralier et celle du financement.

Malgré ces points de blocage, une première cargaison de 23 000 tonnes de fer provenant du gisement de Mayoko-Lékoumou, a été exportée le 19 avril 2019 vers la Chine. Sis dans le nord du département du Niari, à environ 300 km du port, le  gisement est développé depuis septembre 2016 par Sapro Mayoko SA, une entreprise du groupe congolais Sapro SA qui a racheté les actifs du sud-africain Exxaro. Ses réserves seraient d’environ 2,6 milliards de tonnes de minerai de fer. Parmi les partenaires commerciaux de Sapro-Mayoko figurent le trader suisse Glencore et Ausley.

Opéré par Congo Mining, dont l’australien Equatorial Resources a cédé ses actifs en 2015 à la société anglaise InterAlloys, le gisement de Mayoko-Moussondji a des réserves estimées à 3,1 milliards de tonnes de minerai. Mais aucune production n’est encore annoncée.

Situé dans la Lékoumou, à 350 km de Pointe Noire, le gisement de Zanaga  est développé par Mining Project Development Congo (MPD Congo), détenu par la société mauricienne Jumelles, un partenariat entre le suisse Glencore-Xstrata (51 %) et le sud-africain Zanaga Iron Ore, selon le rapport 2016 ITIE Congo. Il renfermerait 6,8 milliards de tonnes de minerai de fer, avec une teneur de 32%. L’exploitation n’a pas encore démarré.

Le casse-tête de l’évacuation dans le nord du pays

Dans la partie septentrionale, dans la Sangha notamment où se trouvent les principaux gisements, les problèmes de transport et d’énergie sont plus aigus que dans le sud. Le port maritime de Pointe-Noire se trouve à environ 1200 km plus au sud et l’offre en électricité est très limitée. D’où la recherche de solutions au plan énergétique et de voies de sortie pour évacuer le minerai. L’australien Core Mining, principal actionnaire d’Avima Iron Ore, qui développe aussi le projet fer de Kango au Gabon, pourrait faire transiter ses productions par le pays voisin. Quant à l’australien Sundances resources, actionnaire majoritaire de Congo Iron qui développe le projet Nabeba dans la Sangha et contrôle celui de Mbalam au Cameroun, il envisage de passer par le Cameroun. Les problèmes de financement de l’entreprise pourraient être en partie résolus avec l’ouverture du capital de Congo Iron à l’australien AustSino Resources. 

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