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vendredi 23 octobre 2020
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Congo-B. Que sont les célèbres bars dancing devenus ?

Des bars dancing d’hier aux carrés VIP, lounge bars et caves en passant par les ngandas des dames de la haute société des années 60/70, Brazzaville bruisse, toujours, chaque soir, des mille nuances festives qu’offrent ses nombreux bars.

Sociologue, ambassadeur, délégué permanent du Congo-Brazzaville auprès de l’Unesco, Henri Ossebi explique l’origine, la place sociale, et les fonctions de ces lieux de divertissement qui ont évolué d’une époque à l’autre. Il est par ailleurs l’un des experts qui pilotent le projet d’inscription de la rumba congolaise au patrimoine immatériel de l’Unesco.

Propos recueillis par Muriel DEVEY MALU-MALU

Makanisi : À quel moment ont été créés les bars dancing ?

Henri Ossebi : Les bars dancing apparaissent à Brazzaville et Léopoldville (actuelle Kinshasa) au lendemain de la deuxième guerre mondiale quand le phénomène urbain prend de l’ampleur. Nous sommes en période coloniale. En contrepartie de l’effort de guerre fourni par l’Afrique équatoriale française, l’État français a entrepris, après l’inauguration du chemin de fer Congo-Océan (CFCO), un grand plan de développement qui a débouché, entre autres, sur la construction de l’aéroport et d’autres ouvrages.  Ce coup de pouce décisif de la puissance coloniale a provoqué un exode rural massif qui a engendré la croissance improvisée d’une ville , encore village, qui n’était, en fait, qu’un camp de travail pour des ruraux déracinés. Brazzaville est historiquement née de l’arrivée de ces ruraux et des migrants venus des pays d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest, qui ont peuplé les quartiers populaires de Poto-Poto et de Bacongo de part et d’autre de la « ville blanche » où vivaient les colons.

Dans ce contexte, qu’est-ce qui a motivé la création des bars dancing ?

H.O. : Au fur et à mesure de la croissance démographique des quartiers populaires, les populations, par souci de pérennisation culturelle, ont ressenti le besoin de se retrouver autour des danses dites traditionnelles selon leurs origines. Puis sont apparus de nouveaux espaces de distraction, qui ne vont plus être des lieux d’expression identitaire à travers les danses traditionnelles, mais plutôt des sites transcommunautaires de rencontres : les bars où vont se produire les premiers orchestres, de diverses influences. Parmi eux figuraient des orchestres nés localement, d’autres à partir des musiciens venus d’Angola ou d’Afrique de l’Ouest, etc. Les premiers orchestres du cru étaient plutôt des bandes de copains ambianceurs, qui ont appris à jouer divers instruments et à danser en copiant ce qui se faisait dans la société blanche et expatriée dans laquelle il y avait des Antillais et quelques autres Français, etc. Cette diaspora avait l’habitude de se rencontrer dans des lieux bien circonscrits, à l’abri des Noirs. Par mimétisme et avec les progrès de l’instruction scolaire à partir de 1945, quelques indigènes se disant « évolués » ont incorporé dans leur façon d’être les codes vestimentaires, langagiers, comportementaux et ludiques de la société blanche. Ainsi est apparue la culture du bar et du divertissement dansant, individuel ou collectif.

Puis sont apparus de nouveaux espaces de distraction, qui ne vont plus être des lieux d’expression identitaire à travers les danses traditionnelles, mais plutôt des sites transcommunautaires de rencontres

Quels types de musiques et de danses trouvait-on dans ces bars ?

H.O. : Il y avait une ségrégation spatiale et sociale rigide, racialement établie. Mais c’est dans ces bars ou à l’occasion des fêtes coloniales qu’on a vu les Blancs danser la polka, le tango, le fox trot, la marche, etc. Les musiques sont jouées avec des instruments à vent, des guitares, des accordéons et autres. Les Congolais ont donc copié et adapté, à partir du lingala, la langue locale, les mélodies et les pas de danse qu’ils ont vus dans les lieux réservés aux étrangers et les musiques latino-américaines diffusées par les phonographes et les vieux disques 78 tours. La fréquentation du bar est entrée peu à peu dans les mœurs sociales. Les gens se préparaient pour aller au bar dancing chaque samedi soir. Un titre célèbre, composé à Léopoldville par Adou Elenga « Tout le monde, samedi soir », illustrait ce phénomène social. Monsieur et Madame se préparaient, s’habillaient bien, montaient sur leur bicyclette, leur vélo-solex ou leur vespa pour aller écouter de la musique et danser.

Un titre célèbre, composé à Léopoldville par Adou Elenga « Tout le monde, samedi soir », illustrait ce phénomène social.

Petit à petit, avec l’assimilation, certains Blancs ont franchi la barrière sociale qui existait entre les quartiers, pour aller fréquenter les bars des quartiers indigènes. C’est à cette époque qu’ont émergé les associations d’originaires, de femmes, de sapeurs, d’ambianceurs. Il y avait comme un écho entre la vie sociale et les prestations des orchestres et des danseurs des bars.

Le Bar dancing Chez Faignond en 2003. photo @A.Rodier

On assiste ainsi à l’émergence de nouveaux lieux et de nouvelles pratiques sociales…

H.O. : On se retrouve en effet sur des rythmiques et des airs nouveaux, on introduit de nouveaux instruments. De la danse traditionnelle collective, on passe à la danse en couple. Les orchestres, qui s’inspirent des rythmes cubains et autres tout en les adaptant, se créent les uns après les autres, en se faisant concurrence, tout en se copiant. Les thèmes des chansons commentent ou amplifient les faits de la vie sociale. On y parle d’amour, de jalousie, de pauvreté, de la mort, de l’argent, etc. Les maisons d’édition musicales (Ngoma, Opika, Esengo, Loningisa) sont de véritables écuries commerciales, tenues alors par des expatriés, essentiellement des Belges et des Grecs, localisés à Léopoldville. Elles favorisent l’éclosion et la transhumance sur les deux rives des musiciens-artistes. Les bars sont des endroits référés. À Léopoldville, il y avait Ok Bar, Quist, Air France, et à Brazzaville, Chez Faignond, Macedo, Gaité Brazza, Demolayi, Bodzoum, etc. Cela a duré près de 30 ans, jusqu’aux années 1980.

Pour ouvrir un bar, attirer et fidéliser un orchestre et sa clientèle, il fallait des moyens financiers. Au départ, les patrons de bars étaient donc pour la plupart des Européens.

Qui sont les patrons de bars ?

H.O. : Pour ouvrir un bar, attirer et fidéliser un orchestre et sa clientèle, il fallait des moyens financiers. Au départ, les patrons de bars étaient donc pour la plupart des Européens. En réalité, ils sous-traitaient à des Congolais, qui n’avaient pas encore les moyens d’ouvrir un établissement, vu les charges liées à sa gestion. La main d’œuvre était composée de Congolais payés par les colons qui étaient aussi les patrons des maisons d’édition auprès desquels émargeaient les orchestres. Mais, petit à petit, le commerce va s’étendre et les Congolais et certains Ouest-Africains vont investir cette activité et ouvrir des bars.

Ainsi toute la population des bars faisait et défaisait les modes. Il faut ajouter à ce tableau la gent féminine.

Le bar faisait à la fois office de lieu de divertissement, de maison de production, de discothèque et d’Olympia où se produisaient les orchestres…

H.O. : Oui, l’image de l’Olympia est juste. Les tendances, les styles étaient lancés par des personnages socialement reconnus. Ces derniers étaient souvent des chanteurs à la mode, comme Wendo, Kabasele, Franco, Rossignol ou Vicky Longomba, à Léopoldville, Essous, Nino, Edo, Celio, etc. à Brazzaville, mais également des danseurs, des ambianceurs et des footballeurs qui avaient leur public. Ainsi toute la population des bars faisait et défaisait les modes. Il faut ajouter à ce tableau la gent féminine. Les associations de femmes, comme ̏ La Violette ̋, ̏ la Rose ̋, ̏ la Mode ̋, ̏ Bana Amida ̋ répondaient en écho au succès de ces chansons. Moins nombreuses que les hommes, elles étaient très courtisées et utilisaient la gent masculine pour adouber leurs associations. Cette société vivait dans une situation coloniale mais arrivait à faire des bars plus qu’un simple lieu de retrouvailles : un exutoire qui permettait d’oublier la dureté de la vie et la précarité. Car la protection sociale n’existant pas, les salaires insignifiants, les conditions de vie dans la ville étaient plutôt difficiles. Ceux qui venaient de l’intérieur du pays pour s’établir dans la capitale s’accrochaient donc à ceux déjà sur place, avant de s’émanciper socialement.  Voilà donc la société qui se met en place autour des années 1950 jusqu’aux indépendances et au-delà.

Jusqu’à quand dure le phénomène des bars dancing ?

H.O. : La période bénie des bars va grosso modo de 1955 à 1980. L’indépendance, c’est 1960, un peu partout en AEF et en AOF. Celles de Léopoldville et de Brazzaville se célèbrent presqu’en écho, respectivement en juin et en août de cette année là. L’orchestre brazzavillois, ̏ les Bantous de la capitale ̋, a fait le tour de capitales africaines pour célébrer l’évènement. Leurs titres amplifient la fréquentation des bars dancing qui ont quasiment chacun leur orchestre dédié. Ainsi, entre 1960 et 1963, émergent les plus grands orchestres qui ont fait le succès des maisons d’édition : OK Jazz et African Jazz, puis African Fiesta, Negro Succès, à Kinshasa, Les Bantous de la capitale, Cercul Jazz, Orphée Jazz, Novelty, ou Negro Band, à Brazzaville. La présence des bars dancing dans l’espace urbain se maintiendra sur les deux rives du fleuve Congo jusqu’à la fin des années 80. Son extinction progressive coïncide avec la disparition des grands noms de la rumba comme Kabasele alias Grand Kalle, Nico, Franco, Vicky, Rochereau, Mujos, Simaro à Kinshasa, et Essous, Nino, Pamelo, Celio, Max Massengo à Brazzaville. La montée concomitante de la jeune génération avec la transition scripturale, mélodique et rythmique qu’elle a introduite dans la rumba a aussi sonné peu à peu le glas des bars dancing.

La présence des bars dancing dans l’espace urbain se maintiendra sur les deux rives du fleuve Congo jusqu’à la fin des années 80.

Les Rapides au bord du fleuve Congo à Brazzaville, @photo @MDMM

Que se passe-t-il  après les années 1980 ? Est-ce l’émergence des ngandas ?

H.O. : Le passage des bars aux ngandas n’est pas mécanique. En réalité, bars dancing et ngandas cohabitaient déjà à la fin des années 1970. Au départ, les ngandas sont les lieux où des dames tenaient salon et, accessoirement, un commerce feutré. Elles accueillent, dans leur résidence privée, les « grands » de la société, moyennant le partage d’un repas que, privilège rare, elles préparent elles-mêmes. C’est un endroit discret, sinon caché, loin des yeux des badauds, où l’on tient une conversation galante qui valorise à la fois la maîtresse des lieux et ses visiteurs. L’adresse se transmet de bouche à oreille et la clientèle est triée sur le volet. On peut y danser entre gens de bonne compagnie, sans se mélanger avec la populace. On peut apparenter ces rencontres aux soirées privées d’aujourd’hui. À la différence du bar, qui est un lieu ouvert, le nganda est un endroit privatif, se voulant sélect, fonctionnant à la cooptation réciproque des membres et des habitués qui ont le sentiment sinon d’appartenir à une élite en tout cas d’être entre soi.

Au départ, les ngandas sont les lieux où des dames tenaient salon et, accessoirement, un commerce feutré.

Quand le nganda est sorti des espaces priva, disposait-il d’un orchestre attitré ?

H.O. : Le nganda était généralement trop petit pour accueillir un orchestre. Le phonographe puis la chaîne hifi et les disques remplaçaient dont l’orchestre. Des sortes de DJ diffusaient les airs à succès de l’époque. Dans les années 1970/80, « Café Nono » était un nganda qui ne payait pas de mine mais qui réunissait du beau monde, le soir surtout, notamment la haute société brazzavilloise, politique et même militaire. Dans le nganda, on dansait en couple, de la rumba classique, à Brazzaville surtout, et de la salsa. On y allait aussi pour voir s’exhiber les élégants, les sapeurs, et les ̏ grands ̋ de la société. Tout cela a disparu.

Sur un registre moins sélect, plus mélangé et juvénile, la Main bleue, les Rapides ou Tantine Jackie à Bacongo, étaient peut-être à Brazzaville les derniers vestiges des bars dancing à l’ancienne. Actuellement, on peut encore citer la Détente, où se produisent toujours les Bantous de la Capitale, qui est fréquentée, chaque dimanche, par des couples amoureux des danses des années 1960. C’est un endroit mythique, un lieu de mémoire et de conservation que nous défendons dans notre dossier sur la rumba à l’Unesco.

La main Bleue à Bacongo. photo @MDMM

Aujourd’hui, on parle de carrés VIP, de lounge bars et de caves. Quelles différences avec le nganda ?

H.O. : Le bar, site référentiel de la vie urbaine d’autrefois a été, en effet, remplacé par les carrés VIP, les lounge bars et les caves. Publics et ouverts sur l’extérieur, ce sont des endroits hybrides, un métissage entre le night club, le bar et le café. On peut y aller le midi pour boire un verre et le soir pour danser. Il y a toutefois des différences entre eux. Les caves sont des échoppes qui encombrent les rues. À l’origine, on y vendait du vin et des alcools importés, et la clientèle pouvait boire et discuter au comptoir. Mais les difficultés économiques, le manque d’emploi, la lutte pour la survie ont amené la population à investir dans ce genre d’activité qui permet de gagner un peu d’argent. Dans ce contexte difficile, les modes de consommation et de divertissement sont devenus différents, moins policés, plus débridés.

Publics et ouverts sur l’extérieur, ce sont des endroits hybrides, un métissage entre le night club, le bar et le café.

Les types de boissons ont-ils également changé aujourd’hui ?

« Cave » à Brazzaville. photo @Henri Ossebi

H.O. : La consommation de base reste la bière. Les Congolais des deux rives sont de grands consommateurs de bière. En Afrique centrale, la palme est tenue par les deux Congo et le Cameroun. Les plus grandes industries de bière sont concentrées à Kinshasa et Yaoundé. Aujourd’hui les marques de bière se sont multipliées. Aux bières locales – la Primus, la Kronenbourg, puis la Ngok- et aux bières importées pour les riches et les dames (Saint Pauli et Amstel), sont venues s’ajouter aujourd’hui d’autres marques et d’autres boissons. Outre la bière, les jeunes consomment aussi des alcools, dont du whisky, du vin, parfois frelatés, et du champagne pour les frimeurs. L’ambiance urbaine est également sur-érotisée.

Chez les femmes, le port du pagne recule au profit du vêtement moulant, du legging et du pantalon. Une manière d’allumer à distance le regard de l’homme qu’on appelle le « bipage » (terme emprunté aux communications téléphoniques). Cette attitude se prolonge au niveau de la danse. La rumba se danse toujours  à deux, mais elle est exécutée de manière plus lascive et on danse plus serré-collé qu’autrefois. Mais la tendance est aussi à l’interruption des danses à deux pour laisser place à des chorégraphies collectives, dont les pas et la gestuelle, dictés par les groupes de musiciens, sont exécutés en même temps par tous les danseurs. Chaque groupe a sa chorégraphie pour une chanson donnée. Ce sont les « Atalaku », ces vocalistes chorégraphes qui ont lancé cette mode, au détour des années 80.

Londres est célèbre pour ses pubs, Paris pour ses brasseries. Peut-on dire que Brazzaville est encore célèbre pour ses bars dancing ? 

H.O. : Les bars dancing à l’ancienne sont certes en voie de disparition. Mais Brazzaville a toujours ses lieux de vie et d’animation, ses espaces de retrouvailles, toujours aussi chauds, qui gardent leur attractivité même s’ils n’ont plus le même contenu et la même signification que dans les années 60-80. Surtout, dans la culture populaire des Congolais des deux rives qui, parce qu’ils entretiennent une relation particulière à la célébration sinon à l’ostentation, transforment chaque évènement collectif en une opportunité pour « se lâcher ».

Les bars dancing à l’ancienne sont certes en voie de disparition. Mais Brazzaville a toujours ses lieux de vie et d’animation, ses espaces de retrouvailles, toujours aussi chauds

Ces lieux « chauds » sont peu mis en avant sur le plan touristique…

H.O. : Pour le moment. A terme, je pense que cela va se mettre en place. Surtout si le dossier rumba aboutit, comme nous l’espérons, à son inscription sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO. Cette visibilité internationale pourra servir de déclencheur pour des politiques publiques plus volontaristes et audacieuses, en faveur de la culture. On pourra imaginer un parcours touristique incluant la rumba. Les arguments ne manqueront pas, j’en suis sûr, pour consolider un marketing attractif sur la destination Congo, sur le modèle de ce que les Cubains ont fait à Santiago de Cuba, véritable sanctuaire du « son », l’une des sources historiques de notre rumba. D’ici là, considérons qu’à l’instar des bars d’hier, les caves, Vip, lounges, etc. d’aujourd’hui conservent pour l’essentiel leur fonction d’amortisseur social des humeurs collectives. Heureusement d’ailleurs !    

On pourra imaginer un parcours touristique incluant la rumba. Les arguments ne manqueront pas, j’en suis sûr, pour consolider un marketing attractif sur la destination Congo

Pour citer ou reprendre (partiellement) cet article, indiquer la source et le lien internet.

Congo-B. Que sont les célèbres bars dancing devenus ?  Entretien avec Henri Ossébi. Propos recueillis par Muriel Devey Malu-Malu. Makanisi. 20 septembre 2020 : https://www.makanisi.org/congo-b-que-sont-les-celebres-bars-dancing-devenus

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