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dimanche 25 février 2024
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Investir dans les 12 départements du Congo : de riches atouts économiques

Jusque-là, le grand public ne connaissait pas grand-chose du potentiel du Congo-Brazzaville, si ce n’est sa position géographique avantageuse, qui en fait un territoire de transit par excellence, et ses ressources en bois et en pétrole. C’est à peu près tout. La brochure Investir dans les 12 départements du Congo, publiée par le ministère de l’Économie et des Finances, vient combler cette lacune.

On se réjouit de la réunion, dans cet ouvrage, d’informations disséminées à travers les directions départementales et les directions techniques des ministères et autres organismes publics. Cette géographie socioéconomique, centrée sur les départements, semble une première au Congo-Brazzaville, où, jusqu’à présent, l’économie a été le plus souvent présentée, certes par grandes filières, mais de manière globale.

Un voyage au cœur du Congo

Les rédacteurs du document ne se sont pas contentés de présenter les atouts économiques de la République du Congo ; l’envergure de leur travail est telle que le lecteur expérimente un voyage à travers ce pays d’Afrique Centrale.

Si les investisseurs, institutionnels et privés, constituent la principale cible de l’ouvrage, Investir dans les 12 départements du Congo, par sa richesse et sa variété, intéresse tous les amoureux de ce pays dont on découvre la beauté, la diversité et les atouts immenses. Le lecteur congolais sera ravi de découvrir des facettes du Congo profond, méconnues de lui, et sortira de sa lecture, enrichi de connaissances sur son pays.

Le lecteur congolais sera ravi de découvrir des facettes du Congo profond, méconnues de lui, et sortira de sa lecture, enrichi de connaissances sur son pays.

Conscients du caractère parfois rébarbatif d’un document parcouru de chiffres, d’informations factuelles et d’observations, le ministère de l’Économie et des Finances du Congo Brazzaville et les rédacteurs de la brochure ont pris le soin d’illustrer leur travail. Des couleurs chaudes distinguent chaque département, des photos présentent non seulement le pittoresque des paysages, mais aussi des activités économiques, des infrastructures et même des œuvres d’art. Des cartes situent. La présence de ce qui pourrait paraître accessoire à certains ne dénature pas nullement Investir dans les douze départements du Congo.

Car bien qu’agrémenté d’illustrations – qui confèrent un aspect plaisant aux pages – il demeure bel et bien un ouvrage d’information économique.

L’humain, au cœur

Aux statistiques, aux informations factuelles et autres données fournies et analysées, s’ajoutent d’autres considérations qui redoublent l’intérêt de l’ouvrage. Mis au cœur du projet, l’humain, présenté à travers l’histoire, la géographie, la démographie et les savoir-faire de chaque département, émerge comme un facteur primordial du potentiel congolais. Il apparaît comme le foyer de la diversité culturelle du pays dont le Congo gagnerait à tenir compte dans ses objectifs de développement.

Mis au cœur du projet, l’humain, présenté à travers l’histoire, la géographie, la démographie et les savoir-faire de chaque département, émerge comme un facteur primordial du potentiel congolais.

Bien qu’importants, ces aperçus sur les peuplements des départements, leurs langues, leurs ethnies, leurs localités, etc.  ne charpentent pas le propos de l’ouvrage ; ce dernier trouve son objet dans l’établissement d’un état des lieux de l’économie congolaise d’abord, puis dans la recension des niches d’investissement dans chaque département.

Il va sans dire, et l’ouvrage l’illustre, que, par leur originalité, les cultures des terroirs participent de la dynamique économique, notamment par leur potentiel touristique.  Leur écrin, source des matières premières et des produits transformés, occupe, lui aussi, une place avantageuse : hydrographie, végétation, relief, sols bénéficient d’un traitement rigoureux.

Une cartographie des économies départementales

Fruit d’un effort de documentation et d’un travail de terrain remarquables, la brochure établit, outre les aspects démographiques, géographiques, historiques et culturels, une cartographie des structures économiques de chaque région administrative du Congo. À travers un cadre d’analyse commun à chaque département, découpé en plusieurs parties (géographie, histoire et  population ; infrastructures ; activités économiques), les auteurs identifient les forces, faiblesses et avantages de chaque département du Congo.

Les assises économiques sont réparties entre les fondements, qui reposent, pour la plupart des départements, sur les secteurs primaire (agriculture, pêche, élevage, exploitation minière et pétrolière, exploitation forestière) et secondaire (transformation, industrie, etc.), et les services (transport, commerce, services financiers, aux entreprises, etc.) ainsi que le tourisme.

Le Congo, l’ouvrage nous le montre, dispose d’un capital naturel varié.

Des spécificités économiques

Le Congo, l’ouvrage nous le montre, dispose d’un capital naturel varié. De vastes étendues de terres cultivables confèrent à la plupart des départements une vocation agricole (Lékoumou, Bouenza, Niari, Plateaux, Cuvette Ouest, Pool, Sangha, etc.), avec toutefois des spécificités. La Sangha, par exemple, se démarque pour la culture du cacao et celle du palmier à huile, qui attirent investisseurs privés et petits planteurs. La Lékoumou, la Cuvette-Ouest,  la Sangha, le Niari et la Likouala ont une vocation forestière plus marquée. On découvre que la Sangha est le premier département en termes de taux de transformation du bois.

De vastes étendues de terres cultivables confèrent à la plupart des départements une vocation agricole

Une hydrographie importante fonde la vocation halieutique de certaines régions (Plateaux, Cuvette, Likouala). Le potentiel minier n’est pas en reste : pétrole, gaz, cuivre, fer, or, diamant, nickel, chrome, coltan et géomatériaux gisent dans les sols et les fonds marins du Congo.

Si des départements, comme la Sangha,  la Lékoumou, la Cuvette Ouest ou la Bouenza font l’objet de divers modes d’exploitation minière, une valorisation plus structurée et plus importante de ces ressources serait la bienvenue.

Le lecteur au fait de la structure de l’économie congolaise connaissait plus ou moins les possibilités touristiques de chaque département de la République du Congo. La lecture du guide l’ancrera dans la conviction que ce pays est un géant touristique en sommeil. Agro-tourisme, écotourisme, tourisme mémoriel, fluvial, culturel… Le potentiel est varié.

Infrastructures : à améliorer

Côté infrastructures, des efforts ont été fournis pour l’énergie (construction de centrales hydroélectriques, à gaz et d’équipements à base de solaire), l’approvisionnement en eau potable, les infrastructures de transport, notamment le réseau routier. Toutefois, ils demeurent insuffisants pour la réalisation des objectifs de développement du pays. Ce que souligne la brochure.

En évoquant sans complaisance les insuffisances et les axes d’améliorations, Investir dans les 12 départements du Congo pointe, en effet, les secteurs dans lesquels les investissements s’imposent, partant des opportunités qui se présentent dans les différents secteurs. L’amélioration et l’augmentation des infrastructures de transport désenclaveront plusieurs localités et départements (Cuvette-Ouest, Likouala, Lékoumou par exemple) et favoriseront l’écoulement des produits ruraux vers les centres urbains.

En évoquant sans complaisance les insuffisances et les axes d’améliorations, l’ouvrage pointe les secteurs dans lesquels les investissements s’imposent

Cap sur l’éducation

Le Congo est un pays jeune. Toutefois, sa jeunesse ne sera un avantage que si elle est formée, tandis que la qualité de sa main-d’œuvre participera de l’attrait du pays. Une attention plus soutenue devrait donc être accordée au renforcement de l’offre éducative (certains départements comptent moins de 5 lycées publics). La formation technique et professionnelle, dérisoire, reste à développer.

Des efforts sont également à déployer dans le renforcement des infrastructures de télécommunications, des transports, des services bancaires, du système de santé, etc. La viabilisation des atouts touristiques favorisera l’essor de la destination Congo, et les Congolais, qui n’ont de leur pays que de minces connaissances, pourront s’adonner au tourisme interne.

De grands chantiers se profilent pour les investisseurs, car l’essor économique du Congo, préoccupation de ses gouvernants partagée par ses populations, ne pourra se suffire de telles disparités.

Les deux poumons économiques

L’écart entre les deux grandes villes départementalisées du pays n’est pas directement observé par les auteurs, mais il se signale au fil des pages consacrés à Brazzaville et à Pointe-Noire. Les plus grandes agglomérations congolaises sont aussi les départements les mieux lotis. Ressources naturelles exceptés, dans tous les secteurs présentés, leurs statistiques dépassent, de loin, celles de départements pourtant plus importants géographiquement. Ce sont les poumons économiques du pays.

De grands chantiers se profilent donc pour les investisseurs, car l’essor économique du Congo, préoccupation de ses gouvernants partagée par ses populations, ne pourra se suffire de telles disparités.

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