La République centrafricaine (RCA), également appelée Centrafrique, s’étend sur quelque 623 000 km2, au cœur du continent africain. Elle est bordée par 6 pays : le Tchad, le Soudan, le Soudan du Sud, la République Démocratique du Congo (RDC), le Congo et le Cameroun. Bien qu’enclavée, sa position en fait toutefois un grand carrefour au sein de l’Afrique. Sa population est estimée à 6,470 millions d’habitants*.
Une histoire politique troublée
Ancienne colonie française appelée autrefois Oubangui-Chari, la Centrafrique est devenue indépendante en août 1960. Depuis cette date, l’histoire politique du pays est très troublée, marquée par des régimes militaires et autoritaires dont celui de Jean-Bedel Bokassa, des soulèvements, des rébellions, des coups d’État et des interventions étrangères.
Au cours des années 2010, des groupes armés et des chefs de guerre ont progressivement pris le contrôle du territoire, vivant de rapines et de la vente illégale des minerais qu’ils exploitaient.
Un désarmement progressif
Le 6 février 2019, un Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA) , le 13ème, a été signé entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés et chefs rebelles. Sur le terrain les autodissolutions et les désarmements des milices ont été progressifs. La remise, le 7 octobre 2025, de leurs documents d’auto-dissolution par deux nouveaux groupes armés signataires de l’APPR-RCA, les Antibalaka aile Ngaïssona et le Mouvement Révolution et Justice dirigé par Armel Sayo, a porté à 11 le nombre de milices officiellement dissoutes dans le pays, depuis la mise en œuvre de l’accord. D’ici la fin de l’année, un accord de dissolution pourrait être signé avec le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) dirigé par Mahamat al-Khatim.
Toutefois, malgré les progrès accomplis, avec le désarmement récent de plusieurs groupes armés et le renforcement de la présence de l’État à travers le pays, la situation reste fragile, notamment à l’approche des élections du 28 décembre, boycottées par l’opposition.
Lien pour télécharger l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA) https://renaissance.cf/wp-content/uploads/2019/04/Accord-de-paix-et-de-reconciliation-RCA.pdf
Un environnement régional menaçant
Dans un rapport paru en novembre 2025, l’ONG International Crisis group souligne : « Des affrontements entre l’armée et les factions rebelles continuent d’alimenter la violence dans l’arrière-pays. Le sud-est de la RCA est également fragilisé par les crises qui secouent ses voisins, en particulier au Soudan du Sud. Enfin, les élections générales de décembre, qui représentent une étape clé vers la stabilisation politique du pays, pourraient aussi générer des tensions dans les régions rurales, y compris dans le Haut-Mbomou ».
Même inquiétude du côté de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), dont le mandat a été prolongé pour un an, jusqu’au 15 novembre 2026, qui signale : « un environnement régional menaçant, où s’entrecroisent la guerre civile au Soudan à l’est, la fragilité du Soudan du Sud voisin et, à l’ouest, les crises sécuritaires du Sahel, où sévissent de nombreux groupes terroristes ».
16 textes constitutionnels depuis 1956
Depuis le 16 février 1959, date de la promulgation de sa première Constitution, la République centrafricaine a connu 16 textes constitutionnels (actes, chartes et constitutions).
Faustin-Archange Touadéra est élu président de la République le 14 février 2016 avec 62,71% des suffrages exprimés, pour un mandat de 5 ans, renouvelable une seule fois, comme le prévoyait la Constitution du 30 mars 2016, qui a instauré la 6ème république. Il est réélu, pour un second mandat de 5 ans, le27 décembre 2020, avec 53,16 % des suffrages exprimés.
Une constitution sur mesure
Deux ans et demi après son investiture qui a eu lieu le 30 mars 2021, le président Faustin-Archange Touadéra engage une révision de la constitution, dont un des points importants porte sur le nombre de mandats présidentiels. Selon l’article 67 du projet de Constitution, en effet, « le Président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin secret, majoritaire à deux tours, pour un mandat de sept (7) ans, renouvelable. […] Le candidat à la présidentielle doit être, entre autres, Centrafricain d’origine et n’ayant que la seule nationalité centrafricaine ».
Pour faire valider son projet, le président Touadéra organise un référendum constitutionnel, le 30 juillet. qui sera boycotté par une partie de l’opposition. Malgré une faible participation lors du vote, le oui l’emporte à plus de 95% des suffrages exprimés. Désormais, Faustin-Archange Touadéra peut demeurer au pouvoir indéfiniment. Validée par la Cour constitutionnelle le 21 août 2023 et promulguée, le 30 août 2023, par le chef de l’État, la nouvelle Constitution fait entrer, par ailleurs, le pays dans la 7ème République de son histoire.
Sept candidats pour la présidentielle du 28 décembre 2025
Lors du quadruple scrutin (présidentiel, législatif, régional et municipal) qui se tiendra le 28 décembre 2025, 2,3 millions d’électeurs sont attendus dans les urnes.
Trois des dix candidatures soumises à l’élection présidentielle ont été invalidées par le Conseil constitutionnel, au motif qu’elles ne remplissaient pas les conditions requises. Il s’agit des candidats Saint-Cyr Tanza, Jean-Michel Mandaba et Parfait Symphorien Nzanga.
Selon la liste définitive publiée le 14 novembre 2025 par le Conseil constitutionnel, les sept candidats autorisés à participer à l’élection présidentielle sont :
- Faustin-Archange Touadéra, Mouvement des cœurs unis (MCU)
- Henri-Marie Dondra, président de l’Unité républicaine (Unir)
- Anicet-Georges Dologuélé, président de l’Union pour le renouveau centrafricain (Urca)
- Serge Ghislain Djorie, président du Collectif d’alternance pour une nouvelle Centrafrique (CAPNCA)
- Aristide Briand Reboas, chef du Parti centrafricain pour le développement (PCD)
- Eddy Symphorien Kparekouti, président du Parti de l’unité et de la reconstruction (PUR)
- Marcelin Yalemende, pasteur et entrepreneur.
Appartenance de la RCA à des organisations internationales et régionales
- Organisations internationales : ONU (20 septembre 1960) ; Union africaine (UA)
- Date de ratification de l’accord ZLECAF (Zone de libre échange continentale africaine) : 19 mars 2020 (adoption de la loi autorisant la ratification de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
- Regroupements sous-régionaux : Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ; Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) ; Communautés des États sahélo-sahariens (CEN-SAD)
SYSTÈME POLITIQUE
Constitution en vigueur : adoptée par référendum le 30 juillet 2023, validée par la Cour constitutionnelle le 21 août et promulguée par décret présidentiel n°23 199 du 30 août 2023 (VIIème république)
Lien pour télécharger la Constitution de la République centrafricaine du 30 août 2023 (Journal officiel, édition spéciale 4 septembre 2023) https://droit-et-politique-en-afrique.info/wp-content/uploads/2023/09/Constitution-de-la-Republique-Centrafricaine-du-30-aout-2023.pdf
Institutions
Président (pouvoir exécutif)
Le Président de la République est le chef de l’État. Il nomme le Vice-Président de la République et met fin à ses fonctions. Il nomme le Premier Ministre, Chef de Gouvernement, et met fin à ses fonctions… Il est le chef du pouvoir exécutif. Il est le chef Suprême des Armées… Il est le garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire… (article 65). La fonction de Président de la République est incompatible avec l’exercice de toute autre fonction politique, de tout autre mandat électif et de tout autre emploi salarié. (article 66)
Le Président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin secret, majoritaire à deux tours, pour un mandat de sept (7) ans, renouvelable. […] Le candidat à la présidentielle doit être Centrafricain d’origine et n’ayant que la seule nationalité centrafricaine. (article 67)
Vice-Président
Le Vice-Président est la deuxième personnalité de l’État centrafricain. Le Président de la République peut lui déléguer certains de ses pouvoirs. Le Vice-Président supplée le Président de la République lorsque celui-ci est hors du territoire national. En cas de vacance de la présidence de la République, le Vice-Président devient le Président de la République par interim. Il organise le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République dans les conditions fixées à l’article 81 de la présente Constitution, scrutin auquel il ne saurait être candidat. Il reste en fonction jusqu’à l’installation du nouveau Président de la République élu. (article 83)
Parlement (pouvoir législatif)
Le Parlement est constitué en une chambre unique qui porte le nom d’Assemblée Nationale. Les membres de l’Assemblée nationale portent le nom de députés. Chaque député est l’élu de la Nation (article 97). Les députés sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de sept (7) ans, renouvelable. Le mandat du Député ne peut être écourté que par la dissolution de l’Assemblée Nationale, la démission, la radiation ou la déchéance dudit député. (article 98)
Collectivités Territoriales
La République Centrafricaine est organisée en Collectivités Territoriales sur la base du principe de décentralisation dans le respect de l’unité nationale… (article 175).
Les Collectivités Territoriales sont les Communes et les Régions. Les Collectivités Territoriales s’administrent librement par des organes élus et disposent d’un pouvoir règlementaire pour l’exercice de leurs compétences.[…] Dans les Collectivités Territoriales de la République, le Représentant de l’État est le représentant de chacun des membres du Gouvernement. Il a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois. Toutefois ce qui relève du pouvoir judiciaire échappe à toute délégation de pouvoir (article 176).
Chefferie traditionnelle
La Chefferie Traditionnelle est représentée par la Chambre Nationale des Sultans et Chefs Traditionnels de la République centrafricaine… (article 177)
Principaux partis politiques
- Mouvement cœurs unis (MCU) de Faustin-Archange Touadéra,
- Union pour le renouveau centrafricain (URCA) de Anicet Georges Dologuélé
- Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MLPC) de Martin Ziguélé,
- Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) de Désiré Kolingba,
- Parti africain pour une transformation radicale et l’intégration des États (Patrie) présidée par Me Crépin Mboli-Goumba,
- Kwa Na Kwa (KNK), fondé par François Bozizé
- Kélemba-PDS (K-PDS)
- Unir de Marie-Henri Dondra
- Parti national pour un Centrafrique nouveau (PNCN)
- Mouni, fondé par Thierry Kamach
- Parti centrafricain pour le développement (PCD)
- Parti de l’unité et de la reconstruction (PUR), présidé par Eddy Symphorien Kparekouti
ÉLECTIONS (date et score)
28 décembre 2025 : un quadruple scrutin
Le 28 décembre 2025 verra la tenue d’un quadruple scrutin : présidentiel, législatif, régional et municipal. selon l’Autorité nationale des élections.
Précédentes élections présidentielles
- Présidentielle du 27 décembre 2020. Résultats : Touadéra élu au 1er tour : 53,16 % des suffrages exprimés ; Dologuélé : 21,69 % ; Martin Ziguélé : 7,54 %
- Présidentielle du 30 décembre 2015 (1er tour) ; 14 février 2016 (2è tour) : Résultats : Touadéra (62,71%) ; Dologuélé (37,29%)
Précédente élection législative
- Élections du 27 décembre 2020, 14 mars et 27 mai 2021. Résultats : Assemblée nationale (85 sièges pourvus sur 140 dont MCU : 40 ; KNK : 11 ; URCA : 7 : Indépendants : 27 ;
Lire aussi : La République centrafricaine : Institutions et Gouvernance. https://www.makanisi.org/la-republique-centrafricaine-institutions-et-gouvernance-2025/
Présidents de la République depuis l’indépendance
7ème République
- Faustin-Archange Touadéra : 30 mars 2021 – en fonction
6ème République
- Faustin-Archange Touadéra : 30 mars 2016 – 30 mars 2021
5ème République
- Catherine Samba Panza : 23 janvier 2014 – 30 mars 2016
- Alexandre-Ferdinand Nguendet : 10 janvier 2014 – 23 janvier 2014
- Michel Djotodia : 24 mars 2013 – 10 janvier 2014
- François Bozizé : 11 juin 2005 – 24 mars 2013
4ème République
- François Bozizé : 15 mars 2003 – 11 juin 2005
- Ange-Félix Patassé : 14 janvier 1995 – 15 mars 2003
3ème République
- Ange-Félix Patassé : 22 octobre 1993 – 14 janvier 1995
- André Kolingba : 21 novembre 1986 – 22 octobre 1993
2ème République
- André Kolingba : 1er septembre 1981- 21 novembre 1986
- David Dacko : 20 septembre 1979-1er septembre 1981
Empire centrafricain
- Bokassa 1er: 4 décembre 1976 – 20 septembre 1979
1er République
- Jean-Bedel Bokaasa : 1er janvier 1966 – 4 décembre 1976
- David Dacko : 14 août 1960 – 1er janvier 1966

ORGANISATION ADMINISTRATIVE ET TERRITORIALE
La République centrafricaine est divisée en 7 régions ; 20 préfectures ; 85 sous-préfectures, 175 communes, plus de 8 500 villages et quartiers. (Loi 21-001 du 21 janvier 2021 relative aux circonscriptions administratives).
Les 20 préfectures et leur chef-lieu :
| Préfecture | Chef-lieu | Préfecture | Chef-lieu |
| Bamingui-Bangoran | Ndélé | Nana-Mambéré | Bouar |
| Basse-Kotto | Mobaye | Ombella-M’Poko | Boali |
| Haute-Kotto | Bria | Ouaka | Bambari |
| Haut-Mbomou | Obo | Ouham | Bossangou |
| Lim-Pende | Paoua | Ouham-Fafa | Batangafo |
| Kémo | Sibut | Ouham-Pendé | Bozoum |
| Lobaye | Mbaïki | Vakaga | Birao |
| Mambéré | Carnot | Nana-Grébizi | Kaga-Bandoro |
| Mambéré-Kadéï | Berbérati | Sangha-Mbaéré | Nola |
| Mbomou | Bangassou | Bangui | Bangui |
GOUVERNANCE ET DÉMOCRATIE
Indice de Perception de la Corruption (IPC)
- 2024 : 24 (note IPC) ; 149ème rang sur 180 ; 41ème rang sur 54 en Afrique
L’IPC note 180 pays et territoires selon leurs niveaux perçus de corruption dans le secteur public, en s’appuyant sur 13 évaluations d’experts et enquêtes menées auprès de chefs d’entreprises. Cet indice utilise une échelle de zéro (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu). Source : Transparency International
Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG)
- 2024 : 31,5 (score) ; 49ème rang sur 54 pays
Les composantes clés qui constituent les quatre catégories de l’IIAG sont : Sécurité et État de droit, Participation et Droits humains, Développement économique durable et Développement humain. Chacune de ces catégories se décline en sous-catégories sous lesquelles sont regroupés divers indicateurs qui fournissent des mesures quantifiables des dimensions fondamentales de la gouvernance. Source :Fondation Mo Ibrahim
Indice de démocratie
- 2014 : 1.18 ; 164ème rang sur 167 ; 44ème rang en Afrique
L’indice de démocratie a été créé en 2006 par le groupe de presse britannique The Economist. Il permet d’évaluer le niveau de démocratie de 167 pays dont 166 sont des États souverains et 165 sont membres de l’Organisation des Nations Unies. Calculé à partir de 60 critères différents, l’indice répartit les pays étudiés en 4 différents types de régime (démocraties : indice entre 8 et 10 ; démocraties imparfaites ; indice entre 6 et 8 ; régimes hybrides : indice entre 4 et 6 ; régimes autoritaires : indice inférieur à 4). Source : Economist Intelligence Unit (EIU)
Indice de l’émergence en Afrique
- 2023 : 34,0 (moyenne globale) ; 50 ème rang sur 54
Mis au point par le Giersa, l’index de l’émergence couvre, depuis 2019, cinq dimensions thématiques (politique, économique, développement humain, société, capacités institutionnelles) et retient 25 indicateurs qui fournissent un cadre opératoire permettant de saisir les dynamiques éventuelles (ou non) d’émergence. Source : Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines (GIERSA)
Indice de Liberté de la presse
- 2025 : 60,15 (score) ; 72ème rang sur 180
Le score de chaque pays dépend de cinq indicateurs contextuels, qui permettent de comprendre la liberté de la presse sur un territoire dans sa complexité : contexte politique, cadre légal, contexte économique, contexte socioculturel et sécurité. Il varie de 0 à 100. Un haut degré de liberté de la presse est associé à un score élevé, et inversement. Source : RSF
*Données démographiques
- Population totale : 6 470 307 habitants (2024)
- Densité de population : 10,3 hab/km2
- Nombre de femmes : 3 261 493 femmes
- Nombre d’hommes : 3 208 814 hommes
- Taux de croissance de la population : 2,88 %
- Population urbaine : 2,610 millions d’habitants (2021)
- Population de 0 à 14 ans : 48 %
- Population de 15 ans à 64 ans : 49 %
- Population de 65 ans et + : 3 %
- Égalité des sexes : 88ème rang sur 191 pays Source : Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales.














