La République démocratique du Congo a célébré le 65ème anniversaire de son accession à l’indépendance, le 30 juin 2025. La colonisation belge a duré 52 ans, de 1908 à 1960. Auparavant, ce pays, alors connu sous le nom de l’État indépendant du Congo, était une propriété du roi des Belges Léopold II. La mainmise de Léopold II sur ce vaste territoire a été validée lors de la conférence de Berlin qui s’est tenue entre le 15 novembre 1884 et le 26 février 1885.
Voici quelques-unes des dates qui ont marqué le parcours de ce pays depuis qu’il est devenu indépendant.
De 1960 à 1969
30 juin 1960 : Accession de la République démocratique du Congo à l’indépendance. Le roi Baudouin effectue un déplacement à Léopoldville (actuelle ville de Kinshasa) pour l’occasion. Le roi des Belges prononce un discours lors de la cérémonie officielle organisée au palais de la nation. Le président Joseph Kasa-Vubu en fait de même. Le premier ministre Patrice Lumumba, qui n’était pas censé intervenir, prononce une allocution dans laquelle il fustige la colonisation. Son intervention inattendue provoque un incident diplomatique entre la République du Congo (c’est le nouveau nom du désormais Congo belge) et la Belgique, l’ancienne puissance coloniale.
Lire aussi. RDC. De Kasa-Vubu à Tshisekedi : cinq présidents, cinq styles. https://www.makanisi.org/rdc-de-kasa-vubu-a-tshisekedi-cinq-presidents-cinq-styles/
14 juillet 1960 : Moïse Tshombe, le fondateur de la Confédération des associations tribales du Katanga (CONAKAT), l’une des principales formations politiques du pays lors de son accession à l’indépendance, le 30 juin 1960, fait sécession et déclare l’indépendance de l’État du Katanga.
8 août 1960 : Albert Kalonji proclame l’autonomie de « l’État minier du Sud-Kasaï », avec pour capitale Mbuji-Mayi (alors appelée Bakwanga). Albert Kalonji devient le président de cet « État » et Joseph Ngalula, son premier ministre.
5 septembre 1960 : le président Joseph Kasa-Vubu annonce à la radio nationale le limogeage du premier ministre Patrice Lumumba et la nomination de Joseph Ileo au poste de premier ministre, en remplacement de Patrice Lumumba qui, moins d’une heure plus tard, prononce, à son tour, la destitution du président Joseph Kasa-Vubu sur les antennes de la même radio. La nomination de Joseph Ileo ne sera toutefois pas confirmée par les deux chambres du Parlement.
14 septembre 1960 : le colonel Joseph Mobutu, le commandant en chef des forces armées congolaises, renvoie dos à dos le président Joseph Kasa-Vubu et le premier ministre déchu Patrice Lumumba. Joseph Mobutu met en place le « gouvernement des commissaires généraux » dirigé par Justin-Marie Bomboko. Étienne Tshisekedi fait partie de cette équipe en tant que commissaire adjoint à la justice.
17 janvier 1961 : l’ex-premier ministre Patrice Lumumba est assassiné dans une localité proche d’Élisabethville (actuelle ville de Lubumbashi) en compagnie de ses deux compagnons d’infortune, Maurice Mpolo et Joseph Okito. Les trois hommes sont arrivés le même jour à Élisabethville, à bord d’un avion affrété par le gouvernement congolais. Ils ont ainsi été livrés à Moïse Tshombe qui dirigeait la province sécessionniste du Katanga.
Lire aussi : RDC. l’ombre de Patrice Émery Lumumba plane sur la fête de l’indépendance. https://www.makanisi.org/rdc-lombre-de-lumumba-plane-sur-la-fete-de-lindependance/
2 août 1961 : Cyrille Adoula devient le premier ministre. Sa nomination a lieu après la clôture du Conclave de Lovanium qui s’est tenu du 25 juin au 2 août 1961.
10 juillet 1964 : Moïse Tshombe, ancien chef sécessionniste, est nommé au poste de premier ministre, en remplacement de Cyrille Adoula.
1er août 1964 : la République du Congo, autrefois appelée le Congo belge, devient la République démocratique du Congo après l’adoption de sa première Constitution, dite Constitution de Luluabourg, par référendum le 10 juillet 1964.
13 octobre 1965 : Évariste Kimba devient premier ministre, succédant ainsi à Moïse Tshombe.
24 novembre 1965 : Joseph Mobutu, 35 ans, s’empare du pouvoir au détriment de Joseph Kasa-Vubu. Son premier ministre est le colonel Léonard Mulamba.
1er juin 1966 : Évariste Kimba, ancien premier ministre, Jérôme Anany, Alexandre Mahamba et Emmanuel Bamba sont pendus en public à Léopoldville (ancien nom de Kinshasa). Les quatre personnalités ont été jugées et condamnées à mort pour tentative de coup d’État.
2 janvier 1967 : Le président Mobutu nationalise l’Union minière du Haut-Katanga, société minière belge fondée en 1906 et appelée aujourd’hui la Gécamines. Cette entreprise minière exploite des gisements de cuivre, de cobalt et d’autres matières minérales. Cette décision courageuse marque un tournant dans l’appropriation, par les Congolais, des leviers de l’économie nationale.

De 1970 à 1979
27 octobre 1971 : la République démocratique du Congo devient le Zaïre. Le zaïre est également le nom de sa monnaie et de son fleuve. Les Congolais deviennent ainsi les Zaïrois.
8 mars 1977 : début de la première guerre du Shaba (ancien nom du Katanga). Des rebelles du Front national de libération du Congo (FNLC), constitués en grande partie par des ex-gendarmes Katangais et soutenus par l’Angola, prennent quelques localités de la province. Grâce à l’intervention de soldats marocains et de légionnaires français, entre autres, les rebelles sont repoussés et la guerre s’achève le 26 mai 1977.
Lire aussi : La République Démocratique du Congo en chiffres. janvier 2025. https://www.makanisi.org/la-republique-democratique-du-congo-en-chiffres-janvier-2025/
11 mai 1978 : la deuxième guerre du Shaba est déclenchée. Les ex-gendarmes katangais tentent de prendre le contrôle des installations de la Gécamines, le géant minier congolais. Le Zaïre lance un appel à l’aide en direction des États-Unis, de la France, de la Belgique, de la Chine et du Maroc. L’intervention de légionnaires français est décisive. En débandade, les rebelles opèrent un repli et la guerre s’arrête.
De 1980 à 1999
24 avril 1990 : Lors d’un discours à la nation, le président Mobutu annonce l’instauration du multipartisme.
7 août 1991 : ouverture, à Kinshasa, de la Conférence nationale souveraine. Des délégués venus des quatre coins du pays sont censés examiner le parcours du pays et en tirer les enseignements nécessaires en vue de réfléchir au développement du pays. La CNS se clôture en décembre 1992.
17 mars 1997 : Laurent-Désiré Kabila, à la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, un mouvement rebelle soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, renverse le président Mobutu qui a quitté le pays quelques heures plus tôt. Laurent-Désiré Kabila s’autoproclame président. Le nom officiel du pays n’est plus la République du Zaïre, mais la République démocratique du Congo.
De 2000 à 2025
16 janvier 2001 : Laurent-Désiré Kabila est assassiné au palais de marbre, sa résidence officielle à Kinshasa, par un membre de sa garde rapprochée, dans des circonstances qui n’ont pas été élucidées.
26 janvier 2001 : Joseph Kabila, fils de Laurent-Désiré Kabila, prête serment en tant que quatrième président de la République démocratique du Congo. Le général-major Joseph Kabila, qui occupait le poste de chef d’état-major des forces terrestres, a été choisi lors d’une réunion secrète pour succéder à Laurent-Désiré Kabila assassiné.
Lire aussi RDC – M23 – Rwanda : un conflit qui remonte à loin https://www.makanisi.org/rdc-m23-rwanda-un-conflit-qui-remonte-a-loin/
4 avril 2012 : soutenus par le Rwanda, les rebelles du M23 issus, pour l’essentiel, du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), un mouvement rebelle actif de 2004 à 2009 et appuyé par le Rwanda, se manifestent dans le Nord-Kivu.
7 avril 2013 : défaits par les forces armées congolaises, des milliers de rebelles du M23 se rendent en Ouganda, deux jours après que ce groupe rebelle a exprimé sa volonté de déposer les armes.
25 janvier 2019 : Joseph Kabila, qui est resté au pouvoir deux ans de plus après l’expiration de son second et dernier mandat présidentiel, quitte la présidence au profit de Félix Tshisekedi, élu, sur fond de controverse, lors d’un scrutin émaillé de violences en décembre 2018. L’investiture de Félix Tshisekedi marque la première passation pacifique des pouvoirs dans ce pays depuis l’indépendance.
Novembre 2021 : les rebelles du M23 se reconstituent et reprennent les armes dans l’est de la RDC, avec le soutien de Kigali qui a déployé des milliers de soldats rwandais en RDC, pour épauler la rébellion.
15 décembre 2023 : Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante, qui avait proclamé la victoire de Félix Tshisekedi lors de la présidentielle de décembre 2018, annonce, depuis Nairobi, la création d’un groupe rebelle dénommé l’Alliance fleuve Congo (AFC). L’AFC formera une coalition avec le M23 pour mener des opérations contre les forces gouvernementales congolaises dans l’est de la République démocratique du Congo.
20 janvier 2024 : Félix Tshisekedi, vainqueur de l’élection présidentielle du 20 décembre 2023, prête serment et entame son second et dernier mandat.

- Auteur : Arthur Malu-Malu
- Titre : Le Congo-Kinshasa
- Édition Karthala
- Date de parution 2014
- 416 p.














