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mardi 4 août 2020
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RDC. Pakonss, homme-orchestre et go-between de Kin Ambiance

Son nom, Pakonss – Pa pour Patrick, Ko pour Konko, NS pour Nsimba et S pour Saphir – est indissociable de celui de Kin Ambiance – célèbre pour son émission de musique – avec lequel il se confond.

Il a trois passions : la musique, la radio et la communication

Fluet, nerveux, le regard vif, le verbe haut et la voix caressante, un tantinet sapeur, Patrick Pakonss, qu’un de ses ex-patrons avait surnommé l’homme-orchestre, vit à cent à l’heure. Il  a trois passions : la musique, la radio et la communication. Au regard de ses activités actuelles – il est directeur media et des relations publiques dans le groupe Pygma et manage Kin-Ambiance, une ASBL sans but lucratif – on a peine à croire que ce Kinois « de sang », comme il se définit, a fait des études de gestion et d’informatique.  « Je voulais faire médecine, mais j’ai bifurqué vers la gestion commerciale, spécialité informatique »,  souligne Pakonss.  Des études qui, loin de le détourner de ses passions, lui ont, au contraire, ouvert de nombreuses portes dans les media et la communication.

De l’informatique

Pour parfaire ses connaissances en informatique et pallier le manque de pratique, les écoles congolaises se limitant surtout à l’enseignement théorique, du moins à cette époque, faute de matériel adapté, au sortir de ses études, il multiplie les stages. « J’ai appris la programmation et notamment à développer des logiciels sur Cobol, langage C, etc. grâce à ces formations et à un ami  informaticien », confie-t-il.

Tout commence lors d’un stage à l’Agence de Presse associé  (APA) fondée par le journaliste Barthélémy Bosongo. « Il avait remarqué que j’avais étudié dans une bonne école, que j’écrivais et parlais bien et que je savais utiliser un ordinateur. Il m’a donc nommé responsable du bulletin électronique. Je montais le bulletin des dépêches et l’envoyais aux abonnés », se souvient Pakonss. Parmi les destinataires, des ambassades dont celle de Belgique et des medias, dont Radio Panik, une radio destinée à la communauté africaine et congolaise de Bruxelles, connue pour son émission phare L’Afrique en un déclic, fondée par Christian Lusakueno, futur initiateur de Radio Top Congo. Ainsi, jour après jour, Pakonss tisse sa toile et étoffe son carnet d’adresses.

Fan de Couleur Tropicale de Claudy Siar sur RFI, il en deviendra le correspondant en RDC en 2012

La rencontre avec Lusakueno aura lieu plus tard. Pakonss, qui se targue d’avoir, chez lui, la plus grande discothèque de Kinshasa – quelque 20 000 Giga de musique sous forme de cassettes, CD, disques et autres supports qu’il collectionne depuis des années -, est un fan de  Couleur Tropicale de Claudy Siar sur RFI. Il en deviendra d’ailleurs le correspondant en RDC en 2012. C’est en écoutant l’émission qu’il apprend que  Christian Lusakueno veut créer une radio en RDC.  Immédiatement il prend contact avec ce dernier pour lui proposer sa collaboration. « Pour moi, c’était une opportunité de balancer ma musique ». 

… à la radio et à la communication

Patrick sera embauché à Top Congo en 2003. Il y restera 4 ans et demi. Il y a tout fait, ou presque. « J’ai été technicien, animateur, journaliste, preneur de sons, coordonnateur de la radio, chef des services généraux et des programmes, assistant du PDG. On m’appelait « l’homme-orchestre. J’ai même conçu des jingles ». Parmi les changements qu’il apporte figurent la mise en place d’un intranet qui permettait aux journalistes d’envoyer des sons depuis leur ordinateur jusqu’au desk central et l’installation d’un système de programmation publicitaire. ».

L’aventure à Top Congo prend fin en 2007. « Mon ex-patron disait que je ne pouvais pas être avocat et procureur en même temps. J’ai rejoint le groupe Ogilvy Pygma en tant qu’agent de communication », indique-t-il. Depuis 2012, il est directeur media et Public relations de Impact Media Africa, du même groupe, où il conçoit et réalise des plans média, des événements et divers supports de communication – affiches, livres, vidéo, etc. – et joue les go-between. Son nouveau métier et ses nouvelles responsabilités ne le détournent pas pour autant de l’une de ses grandes passions : la musique. Il réalise en effet ce qui le taraude depuis des années : créer sa propre émission et établir un vaste réseau de contacts.

Kin Ambiance et réseautage

C’est ainsi que nait en 2007, Kin Ambiance (KA), spécialisée dans le réseautage, sa première vocation,  ainsi que la production et la diffusion de contenus audiovisuels. « Mon but est de faire de KA un hub d’annonces, de rencontres et d’échanges professionnels. Avec Kin Ambiance, je suis resté celui qui rassemble », assure-t-il.

Cʼest ainsi que nait en 2007, Kin Ambiance (KA), spécialisée dans le réseautage, sa première vocation, la production et la diffusion de contenus audiovisuels.

Depuis sa création, KA a mis en place un vaste réseau via 12 groupes whatsapp dont les membres s’échangent des informations de toutes sortes. Soit au total quelque 3702 abonnés. Les groupes les plus emblématiques sont « Trafic », pour tout savoir sur la circulation à Kinshasa, où les embouteillages sont légion. Il y a aussi « Annuaire », un groupe public. Outre l’échange d’adresses ou de numéros de téléphone et la revente d’objets, Annuaire permet  à des gens de trouver un  boulot ou d’acheter quelque chose sans se faire voler. De quoi réjouir Pakonss.  Certains groupes, orientés business, sont en revanche fermés. Normal. « On ne peut pas divulguer au grand public, le contact d’un homme d’affaires ».  KA est Partenaire Média de Sultani Makutano, un espace de rencontres de jeunes entrepreneurs  qui en est à sa 5è édition.

KA Club, comme si on était en boîte

L’autre produit-phare de KA est Kin Ambiance (KA) club, qui diffuse chaque samedi soir à 21 heures et rediffuse le dimanche à la même heure, une émission musicale dénommée Premium.  Une émission réalisée et animée par Pakonss, alias « influenceur hors pair »,  qui fait un tabac. Ses canaux de diffusion ? La propre Web-Radio de KA Club et 6 radios FM,  dont B-One et UFM Radio à Kinshasa, BFR à Goma, Radio Télé Matadi et même Miango FM à Douala (Cameroun). Sans oublier les réseaux sociaux. Une multiplication des supports pour permettre aux Congolais qui ne peuvent pas aller en boîte, faute de moyens, de danser et de s’amuser chez eux le samedi soir. Tel était en effet, l’objectif que visait Pakonss en créant KA Club,  qu’il qualifie de « plus grande discothèque digitale  en RDC ».

Go-between

Créateur de réseaux en RDC, Pakonss fait lui-même partie de plusieurs associations à travers le monde. Il collabore entre autres à African Press Organization (APO), Organisation de la Presse Africaine, et est membre de Discop Africa, un salon annuel de l’audiovisuel africain où il rencontre de nombreux medias. L’occasion pour lui de jouer le rôle de go-between qu’il affectionne. « Je sais que les chaînes de télévision africaines ne peuvent pas payer les contenus. Avec mon carnet d’adresses, je mets les producteurs en relation avec des sponsors pour permettre aux chaînes de  télévision de renforcer leur capacité de production ».

Faire connaître la culture congolaise à lʼextérieur et les pays étrangers quʼil visite aux Congolais de la RDC.

Grâce à Kin Ambiance, Patrick voyage beaucoup à l’intérieur comme à l’extérieur de la RDC qu’il dit connaître à plus de 60%. «  Je suis allé dans de nombreuses provinces congolaises et j’ai visité beaucoup de pays étrangers dont la Côte d’Ivoire, le Brésil, le Rwanda, des pays d’Europe et bien d’autres. Je suis curieux de voir sur place ce que j’ai étudié à l’école et au lycée ». Sa prochaine destination sera Dubaï. Il se positionne aussi comme photographe et mitraille tous les endroits qu’il visite. Des photos qu’il publie, pour faire connaître la culture congolaise à l’extérieur et faire connaître les pays étrangers qu’il visite aux Congolais de RDC.  

Son rêve serait de créer une vraie école de média, d’enseigner et de faire des formations mais de manière bénévole. L’altruisme est, en effet, une des qualités qui le caractérisent. Pour preuve, environ 10 % des revenus de KA sont reversés à deux ONG à caractère humanitaire dont « Le geste », qui finance la scolarisation des sourds et muets et « Lover One », créée par Olivier Luzolo, patron de Suzan Garage, un concessionnaire automobile basé à Kinshasa, qui aide les enfants de la rue.

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