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mercredi 19 juin 2024
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Unicongo : conquérir de nouveaux adhérents et créer des synergies

Élu, le 22 novembre 2022, à la tête de l’Union Patronale et Interprofessionnelle du Congo (Unicongo), Michel Djombo a lancé plusieurs initiatives pour créer des synergies entre les adhérents de l’Union et faire de cette organisation patronale non seulement un outil de défense des intérêts des entreprises, mais aussi une force de propositions. Parmi les nouvelles dynamiques mises en œuvre, figurent des visites d’entreprises auxquelles peut participer tout adhérent. Le 12 octobre, une telle initiative a permis à une trentaine de membres d’Unicongo de découvrir 4 entreprises : MBTP, du groupe Comidex, Fournitures et machines industrielles du Congo (Fomico), AMC assurances, filiale à 100% des Mutuelles congolaises d’épargne et de crédit (Mucodec) et la Société commune de logistique (SCLOG).

À cette occasion, Michel Djombo s’est confié à Makanisi sur l’état de l’Union et les nouvelles actions engagées.

Propos recueillis à Brazzaville par Muriel Devey Malu-Malu

Makanisi : Depuis votre élection à la présidence d’Unicongo, fin 2022, comment ont évolué les effectifs du syndicat ?

Michel Djombo : depuis le 1er janvier 2023, on a pu constater deux vagues d’adhésions à Unicongo. L’une, spontanée, générée par l’intérêt qu’a suscité l’arrivée de nouveaux dirigeants à la tête de l’Union, s’est traduite par une augmentation du nombre d’adhérents d’environ 10%. Les efforts de recrutement que nous avons fournis par ailleurs, ont permis également une hausse de 10% de nos effectifs. Soit au total, une progression de 20%.

Nous avons pu attirer de nouvelles entreprises, plus petites, notamment des sous-traitants de compagnies pétrolières et de nombreuses sociétés de services.

Dans quels secteurs ?

Dans tous les secteurs d’activité. La majorité des nouveaux adhérents sont des PME qui, jusqu’alors, du moins pour certaines d’entre elles, gardaient leurs distances, pensant que l’Union regroupait essentiellement des grandes entreprises. Ainsi, grâce à notre travail d’information, notamment nos prises de parole publiques, nous avons pu attirer de nouvelles entreprises, plus petites, notamment des sous-traitants de compagnies pétrolières et de nombreuses sociétés de services. Ces entreprises forment la deuxième vague d’adhérents.

Unicongo : un nouvel élan sous la présidence de Michel Djombo ? https://www.makanisi.org/unicongo-un-nouvel-elan-sous-la-presidence-de-michel-djombo/

Vous avez souligné que certains de vos membres étaient passifs. Pourquoi cette passivité ?

Nous avons constaté, en effet, que certains de nos membres étaient plutôt passifs. Ils ne venaient pas aux réunions, ne participaient à la vie de l’Union. Ils ne savaient pas très bien pourquoi ils étaient membres et pensaient que le syndicat patronal servait seulement à les accompagner dans le règlement de leurs problèmes quotidiens, comme la pression fiscale, les contrôles de l’administration douanière et autres. Quand ils avaient pu régler ces problèmes eux-mêmes, ils ne voyaient pas très bien l’utilité d’être présents.

Ce type d’adhérents comprenait également des sociétés qui avaient rejoint Unicongo pour des raisons réglementaires. Pour répondre à des appels d’offres, elles devaient faire partie d’une organisation professionnelle ou patronale. Elles s’étaient donc inscrites chez nous par défaut et non par conviction.

C’est grâce à la multiplication d’initiatives B2B, telles que des ateliers thématiques, des visites d’adhérents, des after works et autres rencontres que nous avons initiées, que nous y sommes parvenus.

Avez-vous pu les convaincre d’être plus présents ?

L’un de nos objectifs a constitué à leur donner envie d’être plus actifs et présents. C’est grâce à la multiplication d’initiatives B2B, comme des ateliers thématiques, des visites d’adhérents, des after works et autres rencontres que nous avons initiées, que nous y sommes parvenus. Cela a été l’occasion pour moi de faire la connaissance de leurs dirigeants et de mieux identifier ce que faisaient leurs entreprises.

Il est de notre intérêt commun que le patronat soit le plus représentatif possible du tissu économique

Nous avons expliqué par ailleurs à ceux qui avaient adhéré à Unicongo pour des raisons réglementaires, qu’au-delà de cette obligation, ils devaient rester membres et être plus actifs au sein de l’Union. Il est, en effet, de notre intérêt commun que le patronat soit le plus représentatif possible du tissu économique. Or souvent ces acteurs sont de petite taille. Ils interviennent en seconde position sur des contrats attribués à des prestataires de grande taille, tels que des pétroliers ou des grands industriels. Très souvent, ils s’autocensurent, considérant que leurs clients vont faire part des problématiques de leur secteur et que leur voix n’ajouterait rien de plus. Or leurs problèmes ne sont pas toujours les mêmes que ceux des grandes entreprises qui, d’ailleurs,  ne les relaient pas toujours.

La dynamique que nous avons mis en œuvre repose sur deux types d’actions : la mise en relation et l’information, les deux étant liés.

Pouvez-vous préciser les types d’actions que vous avez mis en place ?

La dynamique que nous avons mis en œuvre repose sur deux types d’actions : la mise en relation et l’information, les deux étant liés. Sur ce dernier point, Unicongo avait autrefois lancé une lettre économique, qui s’appelait Congo Éco. Cette revue a été momentanément mise en sommeil et n’a pas encore été relancée.

Dans un premier temps, nous avons lancé une newsletter à usage interne. Avant sa publication, les sujets de fond traités par l’Union restaient confinés à un cercle réduit d’administrateurs et principalement discutés dans le cadre des conseils d’administration, sans que l’ensemble des adhérents en soit toujours tenu informé.

Puis, dans un deuxième temps, constatant que notre lettre était très lue en dehors de l’Union, nous avons revu sa ligne éditoriale et son rythme de diffusion.

L’idée est de mieux informer et à des périodicités plus fréquentes, en dehors de l’assemblée générale annuelle, tous nos adhérents et partenaires sur deux grands thèmes.

Quel est le contenu de cette ligne éditoriale ?

L’idée est de mieux informer et à des périodicités plus fréquentes, en dehors de l’assemblée générale annuelle, tous nos adhérents et partenaires sur deux grands thèmes. D’une part, sur la vie et la vision d’Unicongo et les événements auxquels l’Union participe ou qu’elle crée. Et d’autre part, sur le tissu et les acteurs économiques du pays et les problèmes importants auxquels les entreprises sont confrontées.  

Nous avons aussi encouragé nos membres à davantage participer aux publications de l’Union. Quand on veut faire des propositions aux pouvoirs publics, exprimer notre point de vue sur un avant-projet de loi ou une réforme en cours, par exemple, on ne se limite pas à faire appel à certains de nos adhérents, comme cela se passait auparavant, mais on interroge tous nos membres. Toutes ces actions ont concouru à ramener autour de la table l’ensemble de nos adhérents.

La république du Congo en chiffres. Édition 2023. https://www.makanisi.org/la-republique-du-congo-en-chiffres-edition-2023/

Parallèlement à nos actions en matière d’information, nous avons instauré de nouvelles relations d’affaires entre nos membres, par le biais de rencontres entre adhérents

Vous avez mis en place des ateliers thématiques, des visites, des after works et autres rencontres. Pouvez-vous nous donner plus de précisions sur ces activités ?  

Parallèlement à nos actions en matière d’information, nous avons instauré de nouvelles relations d’affaires entre nos membres, par le biais de rencontres entre adhérents, d’after works et  d’ateliers thématiques. L’objectif est de faire savoir ce que les uns et les autres font, de faciliter les contacts entre gens de même métier et, ainsi, de créer des synergies entre nos membres.

Nous organisons des after works, toutes les six semaines, alternativement à Pointe-Noire et à Brazzaville. Ces rencontres informelles ont beaucoup de succès au point de mobiliser près de la moitié de nos adhérents, dont certains viennent de l’intérieur du pays.

L’objectif est de faire savoir ce que les uns et les autres font, de faciliter les contacts entre gens de même métier et, ainsi, de créer des synergies entre nos membres.

Enfin, signalons les réunions publiques que nous avons initiées, sous la forme d’ateliers thématiques, qui se réunissent pour débattre d’une filière particulière. Nous avons ainsi organisé un atelier thématique sur le secteur forestier, où le dialogue public-privé était très difficile, en raison des réformes mises en œuvre dans cette filière. Il fallait donc sortir du tête-à-tête entre les sociétés forestières et leur tutelle.

Cet atelier a réuni des sociétés forestières, des représentants de la Primature et de ministères (ZES, Justice, Budget, Plan), ainsi que des bailleurs de fonds et des diplomates. La discussion, très libre, a porté sur les réformes en cours. Les forestiers ont alerté sur les risques et l’impact négatif que certaines dispositions pourraient avoir sur le secteur. Cela a permis aux pouvoirs publics et aux bailleurs de prendre conscience des problèmes qui n’avaient pas été pris en compte dans la réforme.

Quels sont ces problèmes ?

Il s’agit, entre autres, du partage de production, une mesure appliquée dans le secteur pétrolier mais qui ne peut pas être « copiée-collée » telle quelle dans le secteur forestier.

On veut faire des ateliers thématiques de vrais événements, avec une dimension de lobbying, auxquels participent des parties prenantes venant de l’extérieur.

Quelle est la nouveauté apportée par ces ateliers thématiques ?

Auparavant, on traitait certaines questions portant sur l’avenir de l’économie congolaise une fois par an, en assemblée générale et à huis clos. Désormais, on veut faire des ateliers thématiques de vrais événements, avec une dimension de lobbying, auxquels participent des parties prenantes venant de l’extérieur,

Nous allons organiser de nouveaux ateliers thématiques, dont un sur le secteur du BTP et un autre sur les ZES, en particulier sur la ZES de Pointe-Noire qui devrait voir le jour d’ici un an. Ces ateliers, et les prises de paroles qu’ils favorisent, permettront d’identifier les problèmes et les blocages, de débattre des opportunités économiques, de la diversification de l’économie, de la compétitivité du pays et autres thèmes, et de diffuser des messages spécifiques à l’attention des pouvoirs publics, des bailleurs de fonds et autres partenaires.

Nous allons organiser de nouveaux ateliers thématiques, dont un sur le secteur du BTP et un autre sur les ZES, en particulier sur la ZES de Pointe-Noire

Un forum économique viendra clore une première série de panels. Il sera l’occasion d’une discussion de fond et d’échanges ouverts, dont le contenu, les propositions et les conclusions seront consignés dans un rapport final.

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